‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 122 sur 145 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

l’antiquité, tels que Diophante, Apollonius et Euclide. Quelques-unes de ses théories excitèrent entre lui et Descartes une polémique assez animée, dans laquelle Fermât eut non-seulement l’avantage de l’emporter sur son illustre émule, mais où il se distingua par la

Pierre de Fermât.

modération, la politesse et la dignité. Toutefois sa réputation contemporaine fut loin d’égaler celle de Descartes. Fermât était modeste et peu communicatif; ses démonstrations, rarement simples et nettes, n’étaient point présentées avec la lucidité et l’éclat qui distinguent son savant compétiteur ; et pourtant, aux yeux de plusieurs géomètres, Fermât lui fut vrai-

ment supérieur sous plus d’un rapport. Pascal le plaçait au premier rang parmi les mathématiciens modernes. Son fds Samuel de Fermât, cpii se fit un nom comme poète latin , recueillit sous le nom de Varia Opéra mathematica, etc., tout ce qu’il put se procurer des écrits, des notes et de la correspondance de son père; mais, ce recueil étant loin d’être complet, le gouvernement français a pris récemment la résolution d’en publier une édition plus étendue et plus digne de son illustre auteur.

Nous n’avons à dire que peu de mots au sujet de Descartes, qui, ainsi que Fermât, appartient plutôt à l’histoire scientifique du xvne siècle. Né à Lahaye en Touraine, en 1596, René Descartes était issu d’une famille distinguée, originaire de Bretagne. Il fut élevé au collège de la Flèche, où il se lia avec Mersenne d’une amitié qui dura jusqu’à la mort de ce dernier (1610). Dès sa jeunesse il manifesta un goût prononcé pour les sciences, surtout pour les mathématiques et la physique. Ainsi que François Bacon , dont il avait pu lire les écrits, il conçut la pensée de reconstruire sur de nouvelles bases tout l’édifice du savoir humain. Il établit sa méthode de raisonnement sur le doute, l’examen , et n’admit pour caractère de la vérité que la certitude et l’évidence. Tout en poursuivant la réalisation de cette grande vue, et quoiqu’il fût d’une santé assez délicate, il prit le parti des armes, et entra, comme volontaire, au service de la Hollande, alors en guerre contre l’Espagne. Plus tard et à l’occasion de la guerre de Trente ans, il passa dans l’armée bavaroise; il assista à la bataille de Prague, où Frédéric V fut battu, ce qui détermina le savant à revenir en Hollande, où il se fixa.

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