‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 128 sur 145 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

un mouvement circulaire; mais il est plus réel que leurs influences réciproques le convertissent en un mouvement elliptique; en sorte que, singulière contradiction! le cercle est bien la règle de l’orbite à parcourir, mais que l’ellipse est l’exception générale à ce principe.

On vient de voir tout ce que devaient déjà au génie du xvie siècle la physique générale et la connaissance des phénomènes célestes, grâce aux travaux de quelques hommes qui , malgré la diversité de leurs aptitudes et la difficulté des communications scientifiques, semblaient s’être concertés pour élever les sciences de cet ordre à une hauteur jusqu’alors inouïe. Ils avaient montré, en effet, à l’aide des progrès des mathématiques et d’une argumentation puissante , que les lois qui règlent ces phénomènes sont presque toujours en opposition avec le témoignage de nos sens : que la terre, par exemple, a réellement une forme sphérique, bien qu’elle se présente à nos yeux comme une surface plane; que notre globe tourne sur lui -même et autour du soleil, quoique nous le sentions immobile sous nos pieds; que le soleil est un centre fixe dans l’espace, bien qu’il semble obéir à la gravitation , qu’il paraisse se lever le matin et se coucher le soir; ils avaient montré, en un mot, que le raisonnement et le calcul peuvent rectifier une trompeuse évidence et démentir une apparente réalité.

Page 1