‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 136 sur 145 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

remplie, au point de vue historique, par des troubles qui deviennent l’occasion de guerres interminables et occupent toute la durée de cette période. Les démêlés de Charles- Quint avec la Turquie, avec la France et avec les papes, l’abdication de ce souverain qui plaça Philippe II sur le trône d’Espagne, le règne d’Elisabeth d’Angleterre, Pavénement de François II et celui de Charles IX comme rois de France, l’insurrection des Pays-Bas, la formation de la Ligue, le procès et la mort de Marie Stuart, l’assassinat du duc de Guise aux états de Blois, l’abjuration et l’avénement d’Henri IV; tous ces graves événements accompagnèrent le réveil simultané des sciences, des lettres et des beaux-arts.

Nous avons vu que le caractère particulier et le plus manifeste du progrès scientifique pendant cette période se rapporte à l’introduction dans l’étude , comme dans l’enseignement, de la méthode expérimentale, à la fondation des bibliothèques, des collections, des jardins botaniques, comme à l’heureuse idée des classifications. Il faut y joindre l’abandon général des systèmes à priori, c’est-à-dire des hypothèses, l’abjuration des erreurs scientifiques du moyen âge et la lutte contre le despotisme de la tradition antique.

Jusque-là, les sciences n’avaient guère été étu-

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diées qu’en vue de leurs applications aux besoins de l’humanité : la botanique, par exemple, pour ses rapports avec l’art de guérir; la zoologie, relativement à l’alimentation, à la cynégétique ou à la fauconnerie; la minéralogie, en vue des emplois de l’industrie et du commerce ; l’alchimie , dans la pensée d’y trouver une source de richesses. Aussi le savoir n’était -il enchre qu’une collection de faits et de détails, sans aucune liaison qui permît d’en tirer des généralités applicables à l’enseignement.

Mais, après les découvertes de Vasco de Gama et de Christophe Colomb, les sciences ne tardèrent pas à prendre un nouvel essor. Le goût des voyages scientifiques se développe; des hommes intrépides étendent les recherches d’histoire naturelle aux contrées les moins connues du monde ancien; d’autres se dirigent sur le nouveau monde, et en rapportent des richesses inespérées. A mesure que ces conquêtes savantes se multiplient, on éprouve le besoin de les comparer, de les classer, pour en faciliter l’étude, et les érudits, lassés de leur poursuite à travers les vestiges de la science antique, cèdent la place aux observateurs directs et curieux des conquêtes de la science moderne. La botanique décuple le catalogue des végétaux connus. La minéralogie étend et multiplie les objets de son étude ; elle constitue son autonomie

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