EPILOGUE
sent été proscrites par le sénat de Venise et par le parlement de Paris, elles n’étaient pas tout à fait rejetées de l’enseignement, et quelques hommes éclairés leur conservaient encore une certaine foi. Des querelles s’élevaient chaque jour dans les facultés; on disputait sur de vaines théories, sur la prééminence d’Hippocrate ou de Galien, sur la préférence à donner à la saignée ou aux purgatifs, discussions dont Molière nous a conservé d’admirables parodies, lorsque Paracelse s’efforça de substituer sa doctrine à toutes celles qui l’avaient précédée. Malgré ses tendances au charlatanisme, la chémiatrie ne laissa pas de faire quelques progrès dans les esprits. On fit silencieusement l’essai des nouveaux moyens thérapeutiques, on s’appliqua davantage à la sémiotique (connaissance des symptômes), à la nosologie (classification des maladies), et la pratique médicale entra peu à peu dans des voies plus- rationnelles : présage d’une heureuse réforme de cette science, dont, par fatalité, les bienfaits devaient se faire attendre encore longtemps.
L’alchimie, après avoir, au xme siècle, résumé et dominé toutes les connaissances scientifiques de l’époque, s’était effacée au xive devant les arguties de la scolastique, au xve en présence des admirables -découvertes qui en signalèrent les dernières années, et