EPILOGUE
point de vue des sciences naturelles et des sciences physiques. La grande navigation, en reculant les limites du monde connu, avait montré des horizons nouveaux au commerce et à l’industrie. L’imprimerie avait multiplié les moyens d’étude et les communications savantes ; l’invention de la langue algébrique rendait les calculs plus exacts et plus rapides ; de nouveaux instruments d’optique avaient accru d’une manière presque indéfinie la puissance de la vision , et découvert un nouveau champ d’étude dans les espaces célestes; l’établissement des jardins botaniques, des bibliothèques et des collections d’histoire naturelle, l’enseignement professé dans les langues vulgaires, l’idée des classifications, qui entraîna la division des études: tout semblait seconder cet élan du génie moderne, qui le portait à tout apprendre, à tout approfondir et à exercer sur toutes choses son esprit de critique et d’investigation.
Ce qui manquait peut-être à la plupart des savants de cette époque, c’étaient les vues d’ensemble, sinon l’unité dans l’objet de leurs recherches. Les lumineux écrits de Bacon et de Descartes ne devaient pénétrer dans les écoles qu’au siècle suivant, et l’on ne connaissait pas encore l’esprit de méthode. Le même homme possédait souvent des connaissances très-variées, mais peu approfondies, qui ne