‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 141 sur 145 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

laissaient pas toujours apercevoir le lien qui aurait dû les réunir. La controverse, la polémique, occupaient beaucoup les savants, et ils consacraient à l’attaque comme à la défense un temps et des forces qui eussent été plus utilement employés à des recherches sérieuses et originales. Dévorés du désir de savoir, de ce besoin que Montaigne appelait l’esprit enquesteur, ils attachaient un certain prix au tire de Polyhistor, et au mérite de pouvoir disputer de omni re scibili. Mais on cherchait de moins en moins à deviner par intuition les causes des phénomènes naturels, et l’on repoussait instinctivement toute théorie qui n’était pas fondée sur l’observation , l’expérience et le calcul.

Si , pour mieux apprécier le chemin parcouru pendant cette marche rapide et brillante, on compare l’état où se trouvaient les sciences au commencement et à la fin du siècle, on est frappé de la distance qui sépare ces deux termes extrêmes. Dans les premières années, l’intelligence, à peine débarrassée de ses entraves, fait de louables efforts pour se délivrer du joug de la tradition antique, des abus de l’érudition, et des subtilités de la controverse. On entre insensiblement dans une voie plus rationnelle; des esprits d’élite posent les bases d’une dialectique mieux appropriée à la science, d’une meilleure méthode d’ob-

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