‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 19 sur 145 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

des universités Les croisés avaient rapporté de nombreux manuscrits des philosophes et des savants de l’antiquité. On comprit l’importance de les étudier. Dès lors les écoles se multiplièrent, l’enseignement fut étendu et assujetti à des règles uniformes. En H 58, Frédéric Barberousse constitua les écoles d’Italie. A la même époque, l’école de Montpellier fut fondée par des médecins juifs qui y apportèrent les connaissances des Arabes. Après l’école de Salerne, celle de Montpellier est la plus ancienne école des chrétiens. L’université de Paris, instituée en 1200 par Philippe-Auguste, fut complétée, vingt ans après, par la fondation d’une faculté de médecine. Avec les universités s’introduisit l’usage des examens et des licences qui conféraient le droit d’enseigner. Les papes leur accordèrent des privilèges qui permirent aux gradués d’obtenir des bénéfices ecclésiastiques. Dès le commencement du xme siècle, l’école de Salerne réunissait l’enseignement du droit et celui de la médecine. L’université d’Oxford date de 1229. Dans le siècle suivant s’élevèrent celles de Pise, de Prague, de Cologne et un grand nombre d’autres. On y enseignait partout en latin. L’Europe latine ou plutôt l’Europe savante formait, pour ainsi dire, une seule nation.

L’établissement des universités amena celui de plusieurs ordres religieux spécialement adonnés à l’étude et à l’enseignement. En 1203, saint François d’Assise établit l’ordre des Franciscains ou Cordeliers.

i Le mot université ne signifiait pas universalité des connaissances, mais simplement réunion de professeurs, ou même corporation. Cuvier dit qu’il y a eu des universités de cordonniers. ( Hist . des sciences naturelles, 1. 1, p. 404. )

En 1216, saint Dominique créa l’ordre des Dominicains ou Frères prêcheurs. Tous les hommes qui avaient le goût sincère et désintéressé du savoir s’empressèrent d’y entrer. Plusieurs d’entre eux entreprirent des voyages qui eurent pour la science de précieux résultats. Les écoles des cathédrales et les monastères devinrent de véritables ateliers d’étude, où l’on copiait des livres et où l’on se livrait à des recherches d’érudition '. Souvent un supérieur avait sous ses ordres une centaine de jeunes moines employés à ce travail. Au dehors, les universités devenaient chaque jour plus florissantes. Au xne siècle les doctrines soutenues par Abélard, et censurées par saint Bernard , donnèrent une telle célébrité aux écoles de Paris, que le nombre des écoliers égalait presque celui des autres citoyens.

Scolastique. — Malheureusement un zèle si louable ne resta pas circonscrit dans de sages limites et ne tarda point à s’égarer. Parmi les nombreux manuscrits rapportés d’Orient se trouvaient ceux des philosophes grecs, que l’on n’avait connus jusqu’alors que par des traductions arabes assez inexactes. On les traduisit en latin , on les commenta avec

1 Les livres étaient devenus si rares à la fin du xie siècle , que Grécie, comtesse d’Anjou, acheta un recueil d’homélies 200 brebis, un muid de froment ou de seigle, un de millet et un certain nombre de peaux de martre.

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