‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 3 sur 145 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

qui coordonnent les faits et les théories pour constituer ce que l’on nomme une doctrine. Le vrai point de départ de cette étude doit donc être le moment où se présente une certaine masse de faits acquis à l’intelligence humaine, sinon un ensemble de généralités vraiment scientifiques.

Peut-être eussions-nous dû faire remonter jusqu’à l’antiquité la recherche des premières connaissances acquises sur l’histoire naturelle et la physique générale; mais cette étude a été le sujet de plusieurs savants écrits auxquels il serait difficile de rien ajouter. Toutefois il entrait naturellement dans notre dessein de jeter un coup d’œil sur l’état dans lequel se trouvaient ces connaissances au moment de la chute de l’empire romain, afin d’en étudier le premier réveil et d’en suivre les rares progrès durant le cours du moyen âge. Ce rapide examen nous conduira jusqu’à la seconde moitié du xv° siècle : époque où d’admirables découvertes annoncèrent l’avônement d’une nouvelle ère scientifique, et préparèrent la marche glorieuse qu’allait prendre le savoir général dans le cours du siècle suivant. Ce sont ces derniers événements qui feront le sujet spécial de cet écrit, auquel les pages suivantes sont destinées à servir d’introduction.

Nous demandons grâce à l’avance pour l’aridité inévitable de ce fragment, qui avait à resserrer dans un petit nombre de pages une longue série de noms et les faits les plus saillants de l’histoire de la science pendant une période de douze siècles. Si quelques lecteurs nous blâment de n’avoir pas animé ce récit d’un plus vif intérêt, d’autres peut-être y eussent désiré des détails plus explicites ; mais que l’on

veuille bien n’y voir qu’un accessoire du sujet principal, qui eût exigé pour lui-même des développements beaucoup plus étendus, et auxquels nous avons dû renoncer pour nous renfermer dans les limites naturelles de notre plan.

Vers la fin du 11e siècle de l’ère actuelle, après le règne de Commode , fils indigne de Marc-Aurèle , les empereurs se succédèrent avec rapidité, et presque tous moururent de mort violente. Cet état de choses subsista jusqu’au commencement du rve siècle, où Dioclétien rétablit l’administration, fit refleurir les lois , répara les désastres précédents , et rendit un moment à l’empire un éclat que ses successeurs ne surent pas maintenir. Mais déjà d’autres causes puissantes tendaient à donner aux idées une autre direction. Le christianisme, pénétrant peu à peu dans la société romaine et au dehors , préoccupait vivement tous les esprits. Ses propagateurs eurent à soutenir des luttes vigoureuses, non -seulement contre les défenseurs du paganisme , mais contre la secte nombreuse des néoplatoniciens, qui prétendait réunir dans sa doctrine le système de Platon et les principaux mythes de l’Orient. Tous les hommes éclairés de l’époque prirent parti dans ces querelles qui firent éclore d’admirables talents, mais qui suspendirent tout progrès réel dans les sciences. Les idées religieuses et métaphysiques absorbèrent toutes les autres. On dédaigna tout ce qui pouvait contribuer

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