‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 4 sur 145 · LIVRE · texte numérisé non relu

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au développement des arts et de l’industrie, que l’on regardait comme autant d’agents de vanité; l’étude des sciences paraissait inspirée par un orgueil condamnable, et l’on s’en tint aux pratiques les plus simples ainsi qu’aux usages les moins entachés de polythéisme grec ou romain.

On ne rencontre dans cette période qu’un petit nombre de recherches savantes dignes d’échapper à l’oubli. C’est alors néanmoins que parut un écrit d’une certaine importance scientifique, bien que le personnage qui en est le sujet ait à nos yeux une teinte apocryphe , et qui eut un assez grand retentissement; c’est la Vie d’Apollonius de Tyane, thaumaturge célèbre, philosophe pythagoricien, qui avaiL parcouru toute l’Asie, et dont on opposait les prédictions et les miracles à ceux de Jésus-Christ. On trouve néanmoins dans cette Vie, écrite par Damis et par Philostrate, ses compagnons et ses disciples, des notions intéressantes sur les productions de l’Égypte et de l’Inde, qu’ils avaient visitées avec Apollonius.

Tous les écrits des premiers siècles dans lesquels on trouve quelques notions de cette nature, sont généralement dirigés dans un sens théologique. On faisait tout servir à combattre ou à soutenir les nouvelles croyances. C’est ainsi qu’Eustathius, évêque d’Antioche, l’ardent adversaire de l’arianisme, écrivit, sous le titre de Commentaire sur l'Hexahéméron, un ouvrage d’histoire naturelle et de physique dont les détails sont tirés d’Aristote et d’Élien. Saint Ambroise, de Milan, dans un livre qui porte le même titre, également distribué selon l’ordre de la création établi dans la Genèse, tira de l’histoire des animaux

quelques allégories propres à développer les principes de la morale chrétienne; Nemesius , évêque d’Émèse, fit admirer les vues de la Providence, dans les merveilles de la physiologie humaine, dont il puisa les données dans les ouvrages de Galien. Saint Augustin, évêque d’Hippone, qui s’intéressait aux sciences, observa en Afrique plusieurs poissons et recueillit des ossements fossiles, parmi lesquels une dent énorme que l’on ne peut guère rapporter qu’à un mastodonte.

Quelques compilateurs savants appartiennent aussi à cette époque. Oribase, médecin de l’empereur Julien, recueillit plusieurs traités de médecine, tirés d’auteurs dont les ouvrages n’ont pas survécu. Le poète Ausone, précepteur du jeune Gratien, depuis empereur, dans un poème sur la Moselle, décrivit plusieurs poissons alors inconnus ; Ammien Marcellin, d’Antioche, dans son histoire des Empereurs, donna des notions assez exactes sur les productions de l’Égypte. Enfin Macrobe, qui vécut à la cour de Théodose le Jeune, dans un écrit qui a quelques rapports avec le Banquet des savants d’ Athénée , exposa les opinions des anciens sur différents sujets scientifiques.

Dans les deux siècles suivants et au milieu de la confusion qui résulta de la domination des barbares, surgissent, comme derniers témoins de la marche des sciences sous la domination romaine, deux ou trois noms intéressants : Sidoine Apollinaire, né à Lyon, au ve siècle, évêque de Clermont, qui laissa plusieurs renseignements curieux sur la topographie de l’Auvergne; Orose, de Tarragone, élève de saint yVugustin , auteur d’une Histoire générale, dirigée

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