LIVRE I
monastiques consacrés à l’enseignement, etc. Dans la seconde moitié du xv° siècle, des événements d’une autre nature vinrent donner une nouvelle activité au développement de la civilisation : l’invention de l’imprimerie, la prise de Constantinople parles Turcs, les progrès de l'art nautique, grâce à la découverte de la boussole, le passage aux Indes par le cap de Bonne-Espérance, la découverte du nouveau monde, telles sont les principales circonstances qui rendirent cette époque l’une des plus notables, et la plus brillante peut-être des phases de l’histoire scientifique pendant le moyen âge.
Les sources de la science et celles de la richesse des nations se trouvaient renouvelées à la fois ; l’horizon matériel s’agrandissait en même temps que celui de la pensée humaine; les lettres, les sciences commençaient à renaître; les recherches d’érudition, le perfectionnement des langues modernes, le transport des arts de l’empire d’Orient en Italie, le déplacement du commerce, le nouvel équilibre européen qui devait en être la conséquence : voilà les grands événements qui préparèrent cette grande révolution , et sur lesquels nous allons jeter rapidement les yeux.
L’invention de l 'imprimerie occupe naturellement le premier plan dans ce tableau. Bien qu’elle soit attribuée à plusieurs personnages, Gutenberg tient, d’un commun accord, le premier rang parmi eux. Jean Gutenberg, gentilhomme de Mayence, se servit, dès 1436, des caractères mobiles, dont il avait eu l’idée, pour de premiers essais. Pierre Schoeffer, de Gernsheim, inventa, en 1452, la fonte des caractères, qui furent d’abord en plomb. Jean Fust, aussi de
Mayence, associé, puis successeur de Gutenberg, publia avec Schoeffer, son gendre, les premiers livres imprimés, entre autres le Psautier de 1457. Les Hollandais revendiquent la gloire de cette invention en l’honneur de Laurent Coster ou Koster, de Harlem, né en 1370. Ainsi l’imprimerie sem-
Gutenberg.
blait appelée, dès son origine, à consacrer la perpétuité des connaissances dans l’Occident, au moment même où les barbares venaient fatalement de s’établir en Europe. Cette découverte ouvrait une nouvelle carrière à l’intelligence : dès ce moment les idées purent circuler plus librement ; on pensa da-
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