UVRE I
vantage, la science devint plus vulgaire '. Ce qui n’était su que par un seul homme, put l’être au même instant par tout un peuple. L’imprimerie vint réunir par la pensée les diverses nations; les mêmes idées agirent à la fois sur tous les esprits; elle fit enfin ce que la politique n’avait jamais pu faire : elle établit une opinion publique.
Le second événement capital de la même époque est la prise de Constantinople par les Turcs, en 1453 ; conquête à laquelle l’Occident parut d’abord étranger, mais qui ne tarda pas à avoir pour le reste de l’Europe d’immenses conséquences. Dix ans plus tard , les Turcs franchissaient le Balkan et soumettaient le pays en deçà du Danube, jusqu’en Bosnie; à la fin du même siècle toute l’Asie Mineure leur appartenait. Le premier résultat de ce fait fut l’émigration des Grecs en Italie. Les artistes byzantins répandent dans le sud de l’Europe l’architecture grecque, l’art de construire les ponts, la mosaïque, la peinture sur verre, les émaux, l’enluminure des manuscrits. Les savants y portent les connaissances physiques, mathématiques des Grecs, des Romains et des Arabes. Les érudits arrivent chargés des richesses littéraires de l’antiquité. Ils enseignent à lire dans leur langue
l Le premier livre relatifàl’histoire naturelle , imprimé àAugsbourg en 1478, est un ouvrage allemand intitulé : Le Livre de lu nature. Il traite des animaux et des plantes , d’après Pline, Isidore de Séville et Platearius. Parut ensuite le livre : des Propriétés des choses, écrit par Cor bichon , augustin , chapelain de Charles V; puis l’Herbier de Mayence (1484 ) et Y Hortus sanitatis , attribué à Cuba, médecin d’Augsbourg, sorte de traité d’histoire naturelle médicale, d’après Hippocrate, Galien, Dioscoride , Avicenne et Palladius. »
originale les historiens, les philosophes, les savants de l’ancienne Grèce. On étudie les écrits de ces hommes éminents dans leurs propres langues; on discute avec connaissance de cause sur Aristote, Platon, Euclide, Diophante, Hippocrate. On comprend dès l’abord quels furent, pour l’avancement des sciences, les .importants résultats de toutes ces causes.
C’est vers la fin de la même période qu’eurent lieu la découverte du nouveau monde par Christophe Colomb, et celle du passage aux Indes par le cap de Bonne-Espérance, précédées, dans le courant du même siècle, par les expéditions des Portugais en Afrique. Ces découvertes furent la conséquence du déplacement qui s’était opéré dans le commerce européen. La chute de l’empire grec avait ruiné les villes maritimes d’Italie et celles de la Catalogne. Les Turcs possédaient Alexandrie et Constantinople, qui, pendant le moyen âge, avaient été le dépôt des marchandises de l’Orient. Dès le xive siècle, les Espagnols avaient reconnu, sans le secours de la boussole, les îles Canaries (les îles Fortunées des anciens). Au commencement du xve siècle, Henri de Portugal, passionné pour la marine, avait donné une impulsion vigoureuse aux voyages de découvertes. Ce prince, quatrième fils de Jean Ifir, fonda à Sagres un collège naval, et donna la mesure de son courage aventureux dans plusieurs combats, entre autres dans une expédition contre Tanger. Son exemple excita l’enthousiasme pour les entreprises maritimes. En 1412, deux de ses vaisseaux s’avancèrent au delà du cap Noun ; six ans plus tard on découvrit Puerto- Santo. et Madère. En 1433, on doubla le cap Boyador; En 1448, on franchissait le tropique, on touchait le