‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 39 sur 145 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

de cette période fut celle de la boussole. La propriété que possède l’aimant d’attirer le fer était connue des anciens, car elle est mentionnée par Platon et par Aristote. Celle que possède l’aiguille aimantée de se diriger vers le pôle nord avait été remarquée en Europe dès le xi° siècle. On assure que, de temps

Lu boussole.

immémorial, elle était chez les Chinois appliquée à la navigation, et que la connaissance en fut aussi rapportée de la Chine, par Marco Polo, vers 1260. Quoi qu’il en soit, les pilotes français de la Méditerranée en faisaient usage dès le commencement du xiie siècle, sous le nom de marinette, ainsi que le

témoignent les vers souvent cités de Guyot de Provins, poëte de cette époque1. Les Anglais l’appelèrent longtemps mariner’ s compass ; ce n’était d abord qu’une aiguille aimantée , fixée sur un morceau de liège que l’on plaçait sur l’eau. La marinette ne prit le nom de boussole (de l’italien bossolo, boite), que lorsque Flavio Gioja, d’Amalfi, imagina de suspendre l’aiguille sur un pivot, et de placer tout l’appareil dans une boîte. Par la suite, on suspendit la boîte elle-même, pour la soustraire à l’agitation de la mer, et après avoir fixé le pivot au centre d’une rose des vents.

La boussole contribua plus que tous les efforts des siècles précédents à perfectionner et à étendre la navigation. Elle permit aux pilotes de perdre de vue les rivages et de se lancer en pleine mer, même sans le secours des étoiles. Son emploi devint général dès la fin du xive siècle. Les Portugais furent les premiers à en faire l'application aux voyages de découvertes.

L’invention de la poudre à canon avait opéré une révolution dans l’art des combats. Elle avait ôté à la guerre son caractère de fureur personnelle ; la vigueur et l’adresse des combattants ne décidèrent plus la victoire. Elle changea la face du vieux continent, en mettant un terme à l’anarchie féodale, et établit entre les puissances une égalité de forces qui rendit les guerres moins cruelles. L’invention du papier, en multipliant les moyens de propagation de la pensée ,

f Par vertu de la marinette ,

Une jiierre laide et noirette ,

Où li fers volontiers se joint..., etc.

yo

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