‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 42 sur 145 · VR K · texte numérisé non relu

VR K

Il publia un traité de chirurgie resté célèbre C’est vraiment à Guy de Chauliac qu’on doit attribuer la restauration de l’art chirurgical. A peu de distance de son époque, commencèrent les longues disputes entre la faculté et le collège de chirurgie de Paris.

L’histoire naturelle médicale était encore celle des Grecs et des Arabes, que les commentateurs s'efforcaient de faire concorder à l’aide de stériles dissertations, au lieu d’étudier directement les productions de la nature. Les naturalistes faisaient dériver des quatre éléments simples d’Aristote (la terre, l’eau, l’air et le feu) les quatre éléments composés , savoir : les pierres, les métaux, les plantes, les animaux, et rangeaient les différentes classes des êtres formés des quatre éléments composés, selon leur affinité avec l’un des quatre éléments simples: le sec, l’humide, le froid et le chaud.

Cependant quelques voyageurs tentèrent d’aller retrouver, sur les lieux mêmes, les plantes et les drogues décrites dans les traités. C’est ce que firent Simon de Cordo et Matthieu Sylvaticus, de Milan. Le premier, natif de Gênes, médecin du pape Nicolas IV, ensuite chapelain de Boniface VIII, parcourut la Grèce et l’Orient , dans la seule vue d’étudier l’histoire naturelle; le second fut surnommé Pandecta-

i Guy de Chauliac écrivait: « Un seul homme ne peut tout « voir, ni tout connaître; mais de même qu’un nain , monté sur « le dos d'un géant, voit tout ce que voit le géant lui -même « et voit plus loin encore, de même les progrès de la science se « composent des produits accumulés de l’observation et de l’ex- « périence de tous les savants. » ( Inuentorium , etc., traduit par L. Joubert. Lyon, 1592).

rius , parce qu’il avait rédigé les Pandectes de la médecine. Malheureusement ni l’un ni l’autre ne savaient le grec, pas plus que l’arabe. La polypharmacie (médicaments compliqués) dominait toujours dans la pratique comme dans les écoles. La chimie, encore adonnée particulièrement à la recherche du grand œuvre, ne fit irruption dans la médecine que dans le cours du siècle suivant.

Les progrès les plus notables que firent les sciences naturelles pendant cette période furent dus aux voyages de Simon de Cordo, aux efforts du pape Jean XXII, et à ceux de Jean de Saint-Amand. Rien n’est encore changé dans l’état de la botanique et de la zoologie. En agronomie , malgré l’introduction de quelques cultures nouvelles, les pratiques sont encore celles d’Hésiode et de Virgile; les méthodes, celles de Columelle et de Caton. La charrue n’est autre chose que Yaraire des Romains. Cependant Albert le Grand avait fait connaître les engrais artificiels, et l’on commençait à faire usage de la marne pour l’amendement de certains sols.

Tel est le tableau rapide des connaissances acquises à la civilisation durant cette longue période : à partir de la seconde moitié du xve siècle, le progrès devient plus sensible, l’impulsion est plus vive, la marche de l’esprit humain s’accélère et se régularise : on sent qu’il est prêt à s’élancer dans des routes nouvelles. Tout fait pressentir l’avénement de la grande époque à laquelle l’histoire a donné le nom caractéristique de Renaissance.

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