‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 46 sur 145 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

discussion aux principes d’une logique droite et précise. Il portait les coups les plus rudes à la doctrine péripatétique , et préparait les armes dont Galilée, Bacon, Descartes, Gassendi, Locke et Newton devaient se servir plus tard pour l’écraser. La politique commençait à devenir une science dans les mains de Machiavel, de Thomas Morus et de la Boétie.

Cependant les abords de la science, dégagés des subtilités de la scolastique, restèrent quelque temps encore entravés par le scepticisme, qui, non content de s’exercer sur les idées théoriques, semblait se défier même de l'expérience : témoin Cornélius Agrippa, de Cologne, qui écrivit tin livre ayant pour titre : De la Vanité et de l’incertitude des sciences (De Vanitate et incertitudine scientiarum). Heureusement, le temps n’était pas loin où Descartes allait révéler la toute-puissance de la méthode dans les études de tout genre, et où François Bacon, après avoir montré tout le vide des abstractions philosophiques, devait établir que l’observation directe était, dans les sciences, le premier et le meilleur guide du raisonnement.

Botanique. — Dès le xvu siècle, on commençait, en effet, à chercher dans les phénomènes de la nature, de nouveaux et intarissables sujets d’étude. Parmi les sciences qui en font l’objet de leurs recherches, on s’attacha d’abord à celles qui offrent un intérêt plus prochain. Telle est entre autres

BOTANIQUE

l’étude des plantes, qui est inhérente à l’agriculture, à l’industrie, et qui, de tout temps, fit partie des connaissances médicales. Jusque-là, la botanique n’existait pas encore comme science. Théophraste, qui avait porté sur le règne végétal le coup d’œil du génie, n’avait classé les plantes que suivant leurs usages ou selon les pays qui les produisent. D’ailleurs, il n’avait énuméré qu’environ cinq cents plantes. Avant de créer des méthodes, il est clair • qu’il fallait posséder des matériaux plus nombreux. Les Arabes avaient tiré de l’oubli les connaissances des Romains et des Grecs; mais ii n’était pas facile de rapporter les plantes que ceux-ci avaient décrites d’une manière vague et incomplète aux espèces d’un autre climat. Aussi les commentaires ne firent -ils que rendre plus confus les documents de cette nature fournis par l’antiquité, et les écrits d’Avicenne, de Sérapion, de Rhazès et d’Aben-Bitar ajoutèrent-ils encore à l’obscurité de cette matière. Les seuls travaux utiles furent quelques recherches sérieuses de synonymie, exécutées par les savants grecs réfugiés en Italie. Théodore de Gaza, de Thessalonique, apporta le texte original de Théophraste et en donna une traduction. Georges Yalla, dans l’encyclopédie dont il est l’auteur, donna une liste de toutes les plantes citées par les naturalistes grecs ; Hermolaüs Barbarus interpréta Pline et Dioscoride ; le Florentin Vergilio publia des commentaires sur le même sujet; Léonicène s’appliqua à relever les erreurs de Pline, et traduisit pour la première fois les œuvres de Galien. D autres Italiens se livrèrent à des travaux analogues. Monardi, de Florence, qui fut médecin des rois de Hongrie, commenta les Arabes et corrigea la traduc-

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