LIVRE II
lion de Yergilio. Brasavola , noble vénitien , plus connu sous le nom de Musa, qui lui fut dQnné par François Ier, fonda, sous les auspices d’Hercule IV, duc de Ferraré, le premier jardin botanique. Il donna à Rome, en 1535, un index estimé des ouvrages de Galien, et un assez bon Traité des Plantes médicinales.
Le premier botaniste qui parut en France fut Jean Ruel, de Soissons, médecin, puis chanoine de Notre- Dame de Paris. On lui doit une bonne traduction latine de Dioscoride, et un ouvrage dans lequel il rapprocha, avec une réelle sagacité, les plantes décrites par les anciens de celles qui croissent dans notre climat. En Allemagne, parut vers la même époque Otlion Brunsfeld, de Mayence, qui publia, en 1530, un recueil en deux volumes, contenant d’assez bonnes figures, dessinées d’après nature et gravées sur bois. Jérôme Bocli, plus connu sous le nom de Tragus, ministre luthérien, botaniste infatigable, publia à Strasbourg, sous le titre de Nouvel Herbier, une description de toutes les plantes qu’il avait recueillies dans le cours de sa vie, principalement en parcourant les Vosges, et qu’il divisa en plantes sauvages, fourragères, arbres et arbustes. On voit que dès cette époque la botanique commençait à marcher dans une meilleure voie, en s’appliquant à observer les plantes, non plus dans les livres des anciens, mais dans les localités mêmes où elles croissent.
Le savant Euricius Cordus, ami d’Érasme, avait étudié la botanique, en Italie, sous Léonicène. De retour en Allemagne , il y enseigna cette science , ainsi que la médecine, et fonda le second jardin botanique à Marburg. 11 publia à Cologne, en 1534, son
BOTANIQUE
Botanologicon. La forme du dialogue était alors fort en usage dans les livres d’enseignement1. Il donna aussi une bonne traduction en vers latins des deux poèmes de Nicandre. Valerius Cordus, son fils, mort à Rome, en 1544, à l’âge de vingt-neuf ans, avait commenté Diosconde et commencé un ouvrage de botanique qui fut achevé par Conrad Gesner.
L’un des plus grands botanistes de cette époque fut Léonard Fuchs, né en Souabe, médecin et anatomiste distingué. Son livre, imprimé à Bâle, en 1542, est surtout remarquable par un grand nombre de figures fort exactes et plus grandes que toutes celles qui avaient précédé. Fuchs fit de grands et heureux efforts pour discréditer les Arabes, qui, à cette époque , exerçaient encore une influence fâcheuse dans les écoles.
i C'est à Platon que semble remonter le premier emploi de cette forme, autrefois très - répandue dans les écrits didactiques. Il lui donna sans doute un grand éclat, mais elle était évidemment pratiquée avant ce philosophe, et depuis elle a trouvé de nombreux imitateurs. Diogène Laërce en attribue l’invention à Zénon d’Élée. Aristote la rapporte à Alexamènes de Téos. Lucien en a laissé d’excellents modèles appliqués à la critique , ainsi qu’aux genres comique et satirique. Avant Lucien, Cicéron s’en servit dans les Tusculanes, et Tacite ne dédaigna pas de l’adopter.
Parmi les modernes, Érasme s’en servit l’un des premiers avec son habileté connue. Au xve et au xvie siècle la forme du dialogue fut employée avec succès, parfois jusqu’à l’abus. Pendant le règne de la scolastique , elle fut pratiquée par beaucoup d’érudits pour exposer les premiers principes des sciences et même de la métaphysique. Euricius Cordus, Longolius, Galilée, Bernard Palissy et bon nombre d’autres l’adoptèrent dans leurs écrits. Elle fut en honneur dans l'académie platonicienne de Florence; mais depuis lors cette forme d’argumentation fut généralement abandonnée.