LIVRE II
Le plus célèbre de ces commentateurs, André Mattioli, né à Sienne, en 1500, fut médecin de Ferdinand I01', de Maximilien II, et mourut de la peste, à Trente, en 1577. Il donna d’abord une traduction italienne de Dioscoride, et l’enrichit d’un assez grand nombre de plantes de la Grèce et de l’Asie-Mineure que Busbecq, ambassadeur en Turquie, lui avait envoyées, entre autres le lilas, l’une des plus jolies plantes que nous devons à l’Orient. Mattioli donna successivement plus de trente éditions latines de son ouvrage, accompagnées d’excellentes figures, toujours augmentées de nouvelle plantes et de nombreux commentaires. Celle qui parut à Venise, en 1565, contient près de mille figures très-correctes. Dodonée, né dans la Frise, qui se fixa d’abord à Anvers et devint professeur à Leyde, marcha sur les traces de Mattioli, mais donna à ses ouvrages un cachet plus original. Il étendit jusqu’à treize cents le nombre des plantes qu’il décrivit dans son ouvrage, parce qu’il en ajouta beaucoup de nouvelles, récemment rapportées par les voyageurs.
Naturalistes voyageurs. — Dès cette époque, en effet, des savants hardis et pleins de zèle commencèrent à se livrer à des voyages lointains, dans la vue d’accroître surtout le domaine des sciences naturelles. Au péril de leur fortune et de leur vie, ils se joignirent aux expéditions de long cours, aux missions diplomatiques ou religieuses , aux entreprises
BOTANIQUE
militaires, et donnèrent ainsi l’impulsion et l’exemple aux explorateurs courageux qui se dévouèrent dès lors aux conquêtes scientifiques. Les uns explorèrent les contrées du Nord, jusque-là complètement inconnues ; d’autres visitèrent l’Asie, la Terre-Sainte et l'Égypte : les plus nombreux se dirigèrent sur le nouveau monde. Parmi eux se distinguent Olaüs Magnus, Dujardin, Rauwolf, Guilandinus , Prosper Alpin, l’Écluse, .Christophe d’Acosta, Monardès, et surtout le Français Pierre Belon. Quelques-uns se sont occupés en même temps des diverses branches de l’histoire naturelle, en sorte que nous les retrouverons en étudiant, plus loin, l’histoire de la zoologie ou celle de la minéralogie.
C’est ce qui adieu, par exemple, à l’égard d’Olaüs Magnus, qui fut archevêque d’Upsal, bien qu’il n’en ait jamais rempli les fonctions. Il habitait à Rome le couvent de Sainte - Brigitte , fondé par les Suédois, au moment où Gustave AVasa entreprit d’introduire la réforme religieuse dans son royaume. N’ayant pas cru prudent de soutenir une lutte contre ce monarque, Olaüs resta à Rome, où il publia, en 1555, un ouvrage devenu célèbre : Histoire des contrées septentrionales, dans lequel il donna de nombreux détails sur l’histoire naturelle de cette région , mais où la botanique tient moins de place que la zoologie. Ces documents, du reste, sont peu exacts, parce que l’auteur écrivait de mémoire ou d’après des traditions vulgaires, en sorte que cet ouvrage mérite aujourd’hui peu de crédit.
Léonard Rauwolf, médecin d’Augsbourg, publia en allemand, en 1581, une Relation de ses voyages en Orient. On y trouve pour la première fois la descrip-