‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 51 sur 145 · LIVRE IL · texte numérisé non relu

LIVRE IL

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qui le fit prisonnier. Il n’avait pas les moyens de se racheter; mais un gentilhomme, nommé Dehamme, apprenant qu’il était compatriote du poète Ronsard, pour lequel il avait une haute estime, s’offrit généreusement à payer sa rançon et le rendit à la liberté.

En 1546, Belon alla d’abord dans l’île de Candie, puis à Constantinople et à Alexandrie. Au Caire, il trouva l’ambassadeur de France avec quelques gentilshommes qui se préparaient à faire un voyage en Terre-Sainte. Il se joignit k eux, visita la Syrie, la Palestine, l’Anatolie et revint à Constantinople, chargé de nombreuses observations et de matériaux scientifiques.

Avant de rentrer en France, il voulut visiter l’Italie.

II s’embarqua pour Venise, d’où il se rendit à Rome; il savait devoir y retrouver son protecteur, le cardinal de Tournon, alors ambassadeur de France auprès du Saint-Siège. C’est là qu’il fit la connaissance de Salviani, naturaliste distingué, et celle de Rondelet, le savant ichthyologiste. Le prélat, homme très-éclairé, qui avait fondé à Paris un collège célèbre, et à Rome l’académie des Arcades, était animé d’un grand zèle pour le progrès des sciences. Il avait pour Belon une affection sincère, à laquelle celui-ci répondit en dédiant au cardinal la plupart de ses ouvrages. C’est à lui qu’il dut également la protection du roi Henri II, et celle de Charles IX, qui lui donna une pension et un appartement dans le château de Madrid, au bois de Boulogne.

En 1557, Belon fit un dernier voyage en Italie. Au retour il visita la Savoie, le Dauphiné, l’Auvergne, et revint à Paris, où il se fit recevoir médecin et commença ses publications. Son Mécène était alors fixé

Assassinat de Belon au bois de Boulogne,

BOTANIQUE

à Paris. Belon alla s’installer chez lui , a l’abbaye Saint-Germain -des-Prés. Il fit même partie de la maison du cardinal, comme d’autres savants, gens de lettres, ecclésiastiques ou gentilshommes, placés sous sa haute protection. Il travaillait à une traduction de Théophraste et de Dioscoride, lorsqu’un soir du mois d’avril 1564, en traversant le bois de Boulogne, il fut attaqué par des gens armés et frappé mortellement. Quelques biographes ont dit que ce fut par des voleurs, d’autres par des ennemis apostés. Il n’était âgé que de quarante-sept ans.

Belon a publié, dans le cours de quelques années, plusieurs ouvrages importants sur toutes les branches de l’histoire naturelle. Le premier, qui parut en 1551 , a pour titre : L'Histoire naturelle des estr anges poissons marins, etc. On y trouve entre autres la description du dauphin, cétacé historique dont on ne possédait encore aucune figure ; puis celle du crocodile , du thon, de l’esturgeon, du marsouin, du serpent de mer, de força; de nombreux détails d’anatomie comparée; enfin une histoire de l’hippopotame , avec sa figure jusqu’alors tout à fait inconnue. Cet ouvrage était dédié au cardinal de Chastillon, personnage dont la destinée caractérise assez bien ce siècle de troubles religieux et politiques. Nommé cardinal à dix-huit ans, il ne tarda pas à abjurer pour embrasser le parti de la réforme. Il se maria, et figura d’une manière active dans la guerre civile; il paya même de sa personne, à la bataille de Saint-Denis, en 1567. Décrété de prise de corps à cette occasion , il passa en Angleterre et y mourut empoisonné par son valet de chambre.

Belon publia, en 1555, deux ouvrages sur l’ichthyologie. Le premier a pour titre : Les Animaux aqua-

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