LIVRE II
tiques; le second fut réimprimé plusieurs fois, avec les additions importantes de Conrad Gesner et de Rondelet. La même année il donna une Histoire de la nature des oiseaux, et deux ans après un autre ouvrage sur le même sujet. Ce sont les premiers traités ex professo qu’ait possédés l’ornithologie. Il avait publié, en 1553, un ouvrage relatif à la botanique : Des Arbres conifères et résineux, avec d’assez bonnes figures ; puis un livre ayant pour titre : Remontrances sur le défaut de labour et decidture des plantes , etc., relatif à l’agronomie et à l’acclimatation des plantes exotiques. Enfin , pour ne rester étranger à aucune branche des sciences naturelles, il publia encore un mémoire de minéralogie, intitulé : Description des mines de Sidèrocapsa , en Macédoine.
On doit encore à Belon un ouvrage qui a un rapport plus direct avec l’art médical, quoi qu’il semble avoir trait bien plutôt ù. l’archéologie. Il y est, en effet, question des antiquités qu’il avait observées en Égypte, en Grèce, et surtout de l’art des embaumements pratiqué par les Égyptiens. Mais l’ouvrage capital de cet éminent naturaliste est son livre intitulé : Observations de plusieurs singularitez et choses mémorables trouvées en Grèce, Asie, Judée, Égypte, et autres pays estranges. C’est sur cet écrit que repose la principale renommée de Belon, car c’est celui de ses ouvrages qui lajustifie le mieux. C’est un vaste recueil dans lequel les matériaux sont rassemblés presque sans ordre, mais dont la lecture ne laisse pas d’être attrayante autant qu’instructive. La géographie de ces contrées alors si peu connues, lès usages des habitants, l’histoire et les mœurs des animaux, les lois, la religion, les pratiques habituelles ou privées
BOTANIQUE
de l’Orient, la matière médicale, tout s’y trouve réuni et mêlé comme dans un journal de voyage, ce qui, pour cela même, donne à l’ensemble un attrait assez vif et un grand caractère de vérité.
Les naturalistes des siècles suivants ont abondamment puisé dans ce précieux recueil. C’est là que se rencontrent les premières notions positives qui nous soient parvenues sur l’origine d’une foule de drogues et une multitude de documents très-nouveaux pour l’époque, et encore très-véridiques aujourd’hui. Observateur érudit autant qu’exact, Belon décrit et compare tous les objets qu’il recueille; il montre que la plupart des plantes, des oiseaux et des poissons auxquels on avait jusque-là donné les noms de l’antiquité n’étaient pas ceux que les anciens avaient décrits. Les voyageurs et les géographes ne lui ont pas fait des emprunts moins nombreux. On pourrait s’étonner d’une telle variété de connaissances, de cette sagacité, de cette sûreté de vue dans des matières à la fois si neuves et si compliquées; mais Belon réunissait cet ensemble de facultés sans lesquelles on ne réussit point dans une pareille carrière : un courage infatigable, une curiosité intelligente, l’esprit d’observation et celui d’analyse. Ses récits portent toujours le caractère de la véracité et de la bonne foi. Son style dépourvu d’artifice, mais naïf et animé, rappelle celui d’Amyot, tandis que sa perspicacité, sa persévérance et l’énergie de son caractère, font parfois souvenir de l’illustre Bernard Palissy.
Le grand ouvrage de Belon fut traduit dans plusieurs langues et réimprimé plusieurs fois. Malheureusement les éditions qui furent publiées après sa mort fourmillent non-seulement de fautes typogra-