‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 55 sur 145 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

qui fut attribué, par Henri IV, aux gentilshommes, officiers et soldats estropiés, vieux ou caducs. »

Ainsi c est à Nicolas Houël que l’on doit la première idée des Dispensaires, qui épargnent aux pauvres le chagrin de quitter leur domicile; celle d’un Jardin des simples qui, soixante ans plus tard, inspira la création du Jardin des plantes médicinales, aujourd’hui

Nicolas HouSl.

le Muséum , auquel il servit de modèle. C’est à lui que se rapportent la première pensée de la fondation des Invalides, reprise et si magnifiquement développée par Louis XIV; et enfin celle d’un enseignement public et régulier de la pharmacie, ainsi que la fondation de l’école la plus complète qui existe pour l’étude

BOTANIQUE

de cet art. Nicolas Houël a laissé d’ailleurs plusieurs écrits qui prouvent qu’il était aussi instruit que charitable, et aussi dévoué aux progrès de la morale et du bien public qu’aux développements de la science et de la civilisation.

L’histoire de la fondation du Jardin des Plantes de Paris ne laisse pas non plus d’offrir un certain intérêt. Vers 1572, un prieur de Marcilly, Jacques Gohorry , possédait dans le faubourg Saint-Marcel un jardin dont l’emplacement répond à celui du labyrinthe actuel du Muséum, où plusieurs savants, parmi lesquels on comptait Léon Botal , Jean Fernel , Ambroise Paré et Ribit de la Rivière, se réunissaient et tenaient des conférences. A côté du jardin de Gohorry était celui de Labrosse, mathématicien du roi, « garni de plantes rares et exquises ». Dans un laboratoire voisin on se livrait à des opérations de chimie. Belon, au retour de ses voyages, Duchesne ( Quercelanus ) et Théodore de Mayerne firent partie de ces assemblées, préludes de celles qui eurent lieu, dans le siècle suivant, chez Geoffroy, chez Montmort, et qui furent le berceau de l’Académie des sciences.

C’est là que dut éclore la pensée première de la fondation d’un jardin analogue à ceux de la faculté de Montpellier et de la maison de la charité chrestienne. Une circonstance particulière en favorisa le développement. La mode qui, chez les personnes de la cour, s’attachait aux broderies, faisait rechercher, comme de précieux modèles les fieurs les plus rares et les plus éclatantes'. Jean Robin, grand amateur

i « La broderie , dit Antoine de Jussieu , à propos de l’origine « de la collection des vélins du Muséum ( Mé.rn. de V Académie des « sciences , 1727,), la broderie était si en usage sous les règnes de

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