‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 56 sur 145 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

d’horticulture encouragé par Vallet, brodeur du roi, entreprit quelques voyages dans ce but, et fit venir plusieurs plantes nouvelles de l’étranger. Plus tard, secondé par Vespasien Robin, son fils et son successeur en qualité d ’arboriste du roi , il prit une part très-active à la fondation du Jardin royal. Il naturalisa en France diverses plantes et quelques arbres, entre autres l’acacia qui porte son nom (Robinia) , dont il planta le premier pied au Jardin des Plantes en 1635. C’est également à lui que l’on doit la naturalisation de l’amaryllis et de la tubéreuse.

Trois autres personnages poursuivirent avec zèle et succès l’exécution de ce projet : Jean Héroard, médecin du dauphin, fils d’Henri IV, depuis, le roi Louis XIII; Charles Bouvard, qui lui succéda dans la môme charge, et surtout Gui de la Brosse, médecin ordinaire du roi, qui offrit d’acheter de ses' deniers le terrain nécessaire pour cet établissement. Leurs sollicitations réunies décidèrent Richelieu à proposer au roi cette fondation, qui fut autorisée par lettres patentes au mois de mai 1626.

« Henry IV et de Louis XIII, qu’on ne se contentoit pas d’en por- « ter sur ses habits ; elle faisoit aussi l’ornement des meubles que « l’on vouloit rendre plus somptueux. L’habileté des ouvriers « consistoit à imiter par le mélange de l’or et de l’argent, des « soies et des laines de différentes couleurs , la variété des plus « belles lleurs que l’on connaissoit alors. De là vint la nécessité « des dessins de lleurs , auxquelles s’appliquèrent ceux qui vou- « lurent exceller dans cet art de représenter avec l’aiguille les « lleurs en nature, et l’établissement, en divers endroits du « royaume, des jardins de lleurs rares et singulières apportées « des pays les plus éloignés. » (Ibid.)

i Le jardin de Jean Robin occupait , dans la Cité , le triangle qui forme encore aujourd’hui la place Dauphine.

BOTANIQUE

Dans le siècle suivant plusieurs autres jardins semblables furent établis en Angleterre, en Belgique et en Allemagne. Trois d’entre eux s’élevèrent par les soins d’un apothicaire de Nuremberg, Basile Besler; l’un à Giessen, dans la Hesse, qui eut pour directeur le célèbre Jungermann; le second fut établi à Eichstaedt, aux frais du prince-évêque, Conrad de Gemmingen, qui cultivait et protégeait les sciences, et à qui Besler dédia son grand ouvrage : Hortus Æstetensis; enfin le troisième, à Altdorf, aux frais de la ville de Nuremberg.

Méthodes. — C’est seulement à l’époque où se formèrent ces grandes collections, si propres à comparer entre eux les sujets , que l’on commença à songer à leur classification. La première idée d’une distribution rationnelle des végétaux est due à Conrad Gesner, dont nous aurons plus d’une fois à parler, et qui fut évidemment le plus grand naturaliste du xvie siècle. Gesner montra le premier que c’est dans la fleur et le fruit, organes de la reproduction, qu’il faut chercher les caractères essentiels de la classification. Gaspard Wolf, son élève, Joachim Camerarius et Mathieu de l’Obel le suivirent dans cette voie, qui ouvrait à la botanique une carrière aussi nouvelle que féconde.

Conrad Gesner était né à Zurich, en mars J516. Son père était marchand fourreur et avait plusieurs enfants. Un oncle maternel, ministre de l’Évangile, lui fit faire quelques études classiques , dans lesquelles il montra autant d’application que de facilité, et il lui donna les premières notions de l’histoire naturelle.

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