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ne se contenta plus de proscrire les gens d’étude ; on les noya , on les brûla , on leur creva les yeux et on les fit périr sous le fouet. ConstantinPorphyrogénète (né dans la pourpre), au contraire, prince éclairé, s’entoura d’hommes instruits, reconstitua les bibliothèques, encouragea l’étude et écrivit lui-même un Traité de V administration de l'Empire, dans lequel on trouve plusieurs notions importantes relatives aux sciences.
Malgré toutes ces alternatives, Byzance continua jusqu’au xve siècle à être un des foyers principaux d’où se propagèrent des connaissances précieuses. A la vérité, on se borna le plus souvent à des compilations et à des commentaires , sans enrichir beaucoup le domaine de l’antiquité par des observations directes et nouvelles. Il faut pourtant citer quelques hommes qui contribuèrent à entretenir le goût du savoir, qui s’adonnèrent particulièrement à la culture des sciences naturelles, et s’opposèrent par d’utiles travaux à l’oubli complet des études de cette nature. Ainsi, au Ve siècle, Aetius d’Amide, d’abord médecin, puis évêque d’Antioche, écrivit un ouvrage d’histoire naturelle : Tétrabiblos , vaste compilation , disposée dans un ordre et dirigée dans un but théologique, comme tous les écrits de cette époque. Saint Cyrille, patriarche d’Alexandrie, fit un livre analogue sur les plantes et les animaux. Au vie siècle, Alexandre de Tralles, en Lydie, contemporain de Justinien, qui voyagea dans les Gaules et finit par se fixer à Rome. Médecin habile, nourri des doctrines de Galien, il écrivit un Traité sur l'art médical, dans lequel on trouve des descriptions claires et exactes, un style élégant et des formules de médicaments utiles, bien que trop com-
pliqués. Paul d’Égine, élève de l’école d’Alexandrie, voyagea en Grèce et dans les pays soumis aux Arabes ; il laissa un Traité de chirurgie, longtemps estimé. Jean Stobéus publia sous le titre d ’ Antologicon , une sorte d’encyclopédie de physique et de morale , tirée des écrits des anciens. Au vne siècle, le diacre Georges Pisidès composa un poème sur les Merveilles cle la création, dans lequel les récits fabuleux l’emportent sur les faits réels. Basile, de Macédoine, et son fils, Léon VI, empereurs d’Orient, au ixe siècle, protégèrent les sciences et les cultivèrent eux-mêmes. Enfin, sous le règne du dernier, Photius, patriarche de Constantinople, qui donna lieu au schisme des Églises grecque et latine, écrivit le Myriobïblon, précieux recueil à la fois littéraire et scientifique.
Constantin Porphyrogénète, outre son traité d’administration , fit composer par Cassianus Bassus , sous le titre de Géoponiques , un traité d’agriculture, disposé commeceuxdeColumelleetde Varron. Ilprotégea les savants, et fit venir beaucoup de livres d’Égypte. Son règne fut une des plus brillantes époques de l’histoire des sciences dans l’empire d’Orient. Après lui, le zèle scientifique se refroidit, bien que les Gomnènes se soient efforcés de le ranimer quelque temps. Nonus, plus connu sous le nom de Théophane, fit un recueil des monuments de l’antiquité. Vers le milieu du xie siècle, Michel Psellus, précepteur de l’empereur Michel VIII, Ducas , fit des extraits d Alexandre de Tralles et de Paul d’Égine ; il écrivit un commentaire sur V Acoustique d’Aristote, un Traité des Minéraux, une Clironograplùe et un Traité sur l’art de faire de l’or, qu’il dédia à Michel Stratiotique, patriarche de Constantinople. Italus expliqua publi-