‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 60 sur 145 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

Un peu avant Cesalpini, Jacques Dalechamps, médecin de Lyon (1513-1536), qui avait déjà donné une version d’Athénée et une édition de Pline, publia son Historia generalis plantarum, ouvrage immense, auquel avaient concouru Jean Bauhin le père , et Jean Desmoulins, aussi médecin à Lyon. Les deux volumes dont ils se composent sont surtout remarquables en ce qu’ils renferment 2600 planches gravées sur bois, parmi lesquelles on trouve un assez grand nombre de plantes nouvelles. Malheureusement la distribution en est vague, et se fonde tantôt sur l’origine, tantôt sur l’usage des sujets qui y sont décrits. Dalechamps n’avait point profité des principes établis par C. Gesner, par l’Obel et par Cesalpini. Peut-être leurs travaux lui étaient-ils inconnus.

11 en est de même de Tabernæmontanus (1520- 1588), médecin du prince de Spire, dont l’ouvrage : Nouvel Herbier complet, publié en allemand, et réimprimé plusieurs fois, énumère 5808 plantes et en représente 2500. C’est encore une de ces grandes compilations où , à l’exemple de Pline et de Dioscoride , on attribue trop souvent aux végétaux des propriétés imaginaires: ouvrage d’ailleurs sans méthode, sans critique, et qui, dans son abondance, renferme la description de plus d’un objet dont le modèle n’existe pas dans la nature.

Fabius Columna, ou Colonna, médecin de Naples (1567-1650), naturaliste distingué, d’une famille devenue célèbre par son zèle pour la science et la protection qu’elle prodigua aux savants, s’appuya sur les principes de Gesner et de Cesalpini. Dans son premier ouvrage : Phytobasanos (1592), il compara et détermina, mieux qu’on ne l’avait fait avant lui, les plantes

BOTANIQUE

citées par les anciens, et dans son Ecphrasis, qui en est la continuation, il s’attacha à décrire et à figurer les détails de la fructilication des plantes. Ses planches, exécutées sur cuivre pour la première fois, sont pour la plupart dessinées et gravées par lui-même. C’est F. Columna qui introduisit dans la botanique le mot pétale (de TCrâw, j’éclos), pour désigner les parties colorées de la fleur.

Après avoir rappelé , au moins pour mémoire, les noms de quelques botanistes qui , à la même date , jouirent d’une certaine célébrité, comme Duchâtel, Luc Ghini, Coudemberg, Anguillara, Jungermann, il nous resterait à parler de quelques autres savants, qui, nés dans le xvic siècle, ne publièrent leurs travaux que vers la fin de cette période, ou dans le cours du siècle suivant. Tels sont les deux frères Jean et Gaspard Bauhin, qui tiennent ajuste titre, un des premiers rangs parmi les naturalistes de l’époque. Ils étaient fils de Jean Bauhin, d’Amiens, qui avait travaillé au livre de Dalechamps. Jean Bauhin, l’ainé, (1541-1613), naquit à Bâle, où son père, qui fut son premier maître, s’était retiré. Dès l’âge de treize ans, il correspondait avec C. Gesner. En 1560, il alla étudier à Tubingen, sous Léonard Fuchs ; il visita ensuite l’Italie, séjourna quelque temps à Montpellier, puis à Lyon. De retour à Bâle, il devint professeur de rhétorique à l’université. En 1570, le prince Ulrich, duc de Wurtemberg, grand ami des savants, le chargea de créer un jardin botanique et le nomma son médecin. Son principal ouvrage a pour titre : Prodrome de l'histoire des plantes, et ne fut publié qu’après sa mort. 11 se compose de trois volumes in-folio, contenant 3577 figures. Il est écrit avec goût, avec élé-

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