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gance, et rempli d’érudition. Les descriptions, qui sont excellentes, servirent de modèles à tous les auteurs du siècle suivant. Jean Ray, surtout, en a tiré un habile parti. Jean Bauhin écrivit sur la zoologie, la médecine , les eaux minérales et les antiquités. Gaspard Bauhin, beaucoup plus jeune que son frère (né à Bâle, en 1560), apprit la botanique avec Jean et avec Félix Plater, homme très-savant, qui professa à Bâle pendant cinquante années et fournit de ses élèves toutes les universités de l’Europe. Gaspard Bauhin étudia ensuite à Padoue, parcourut l’Italie avec Guilandinus, passa un an à Montpellier, vint à Paris, en 1579, et rentra à Bâle, où il professa d’abord la langue grecque, puis l’anatomie et la botanique, succédant ainsi à Félix Plater. Son principal ouvrage est intitulé : Tableau ( Pinax ) du théâtre botanique, livre fort estimé qui servit presque seul à la science jusqu’à l’apparition de l’ouvrage de Linnée. Il y compara les figures, les descriptions, les herbiers de ses prédécesseurs, afin de mettre un certain ordre dans tout ce qui avait été publié avant lui. Il disposa les plantes par genres, et il en accompagna la description d’une courte phrase caractéristique. Le Pinax contient une précieuse synonymie, à laquelle tous les botanistes, et Linnée lui-même, ont souvent recouru. Cet ouvrage, auquel il travailla pendant quarante ans, énumère près de 6000 plantes.
Les connaissances botaniques acquises à la fm du xvic siècle forment la première époque de l’histoire du règne végétal. Celle-ci comprend, après les recherches de compilation dues aux Arabes, la découverte des textes originaux de l’antiquité, la nouvelle direction que prit la science en cessant de s’occuper
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de traductions et de commentaires, pour étudier les plantes elles-mêmes ; les excursions et les voyages, qui accrurent les catalogues à tel point que le nombre des plantes connues, qui, au xv° siècle, ne dépassait guère cinq cents, s’éleva rapidement à près de six mille; enfin, la fondation des jardins botaniques, qui favorisa singulièrement l’établissement des classifications et des méthodes ; non qu’il faille attacher à ces moyens artificiels une trop grande importance, mais il est évident que ce point de vue a porté les naturalistes à mieux distinguer les détails de l’organisation,
à mieux étudier les caractères , afin de les comparer entre eux, ce qui constitue le progrès le plus notable que la science avait à poursuivre, et qu’elle réalisa, comme on le voit, dans un espace de temps assez limité. Il faut ajouter qu’au même moment les arts du dessin prenaient un dévèloppement remarquable , surtout en Italie et en Allemagne, où Marc-Antoine Raimondi, Cranach et Albert Durer venaient de donner un grand élan à la gravure sur cuivre, ce qui permit d’apporter plus de finesse et de précision dans l’exécution des figures d’histoire naturelle.
Agronomie. — L’agriculture se lie naturellement à la botanique. L’origine de cet art, qui, sous le nom d’agronomie, figure dignement parmi les sciences actuelles, se perd, comme toutes les autres, dans la nuit des temps historiques.
Après les connaissances de cet ordre que l’on de-
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vait à l’antiquité, les recherches des temps modernes furent d’abord transmises verbalement, puis recueillies par les poètes et les historiens. Les plus anciens documents écrits qui nous soient parvenus de l’état de l’agriculture chez les Grecs se trouvent dans le poème d’Hésiode : Les Travaux et les Jours. Il y décrit les instruments et les opérations alors en usage. 11 fait mention de la charrue, 'il règle les labours et les semailles; mais il ne parle pas encore d’engrais, de fumiers, ni d’amendements. Ce fut Théophraste qui, plus tard, parla le premier du mélange des terres, dans le but de modifier la nature des terrains.
Les Romains honorèrent d’abord l’agriculture. On distribuait des terres aux défenseurs de la patrie, et ceux-ci les cultivaient de leurs mains; mais sous l’empire, l’agriculture, comme toutes les industries, fut abandonnée aux esclaves, et l’on tira les produits agricoles des contrées que l’on avait soumises par les armes. Cependant on continua à s’occuper des pâturages et de l’éducation des bestiaux. Les notions d’agriculture possédées par les Romains nous ont été conservées par Caton, Varron, Columelle, Virgile, Pline et Palladius. On avait déjà, à cette époque, deux espèces de charrue, l’une pour les terres fortes, l’autre pour les sols légers, et elles étaient tirées par des boeufs. Les Romains pratiquaient les irrigations; ils connaissaient la plupart de nos céréales et de nos plantes potagères; ils avaient d’excellents pâturages et même des prairies artificielles. L’art de cultiver la vigne et l’olivier fut porté chez eux à un très-haut degré de perfection.
Dans les premiers siècles de l’ère chrétienne , les traditions romaines relatives à l’agriculture se répan-
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dirent dans les Gaules, la Germanie et la Grande- Bretagne, par l’entremise des moines. Au moyen âge, Charlemagne favorisa l’établissement des colonies agricoles. On trouve dans ses Capitulaires la liste des légumes et des fruits dont il importe de ne pas laisser perdre les espèces. Au vne siècle, Isidore de Séville avait rapporté, dans ses Origines, toutes les connaissances alors acquises en agriculture, et nous avons vu que, deux siècles plus tard, Constantin Porphyrogénète avait fait exécuter par Cassianus Bassus une compilation analogue qui a pour titre : Les Géoponiques. L’état de l’agriculture chez les Arabes, surtout chez les Maures d’Espagne, a été conservé dans l’ouvrage d’Ebn-el-Aram, qui date du xne siècle. La féodalité retarda l’agriculture en détruisant les communications, et en bornant la consommation des denrées aux besoins des localités.
Ce n’est qu’au xve et au xvi0 siècle que se constate le véritable réveil de l’agriculture. On commença par traduire tout ce que l’on possédait des anciens sur la matière. Le Vénitien Camille Tarello publia son Répertoire d’ Agriculture ( Ricordo ); Gallo, un travail important sous ce titre : Les Vingt-quatre Journées de l’Agriculture. Ces deux ouvrages donnèrent en Italie le premier élan aux bonnes pratiques agricoles et aux succès soutenus de cet art en Toscane, en Lombardie et en Piémont. L’Anglais Fitz-IIerbert publia, sous Henri VIII, le Livre du Labourage , dans lequel il recommanda 1 emploi de la marne et de la chaux pour amender les terres. Déjà à cette époque les Anglais s adonnaient avec succès à l’éducation des animaux domestiques. En Allemagne, Heresbach publia un ouvrage intitulé: De V Agriculture (De Re rustica ), qui