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contribua aux progrès remarquables de cet art dans les contrées du Nord, et Georges Agricola, si célèbre comme minéralogiste, donna d’assez bons préceptes , qui en avancèrent notablement la pratique et la théorie. >
En France, à la même époque, l’agronomie prit un essor définitif, grâce aux efforts de Charles Estienne, frère de Robert Estienne, le savant imprimeur, de Bernard Palissy, le célèbre potier, mais surtout d’Olivier de Serres , généralement regardé comme le patriarche de l’agriculture française. Charles Estienne, qui fut imprimeur lui -môme, publia en 1554 sa Maison rustique, qui fut achevée et traduite en français par son gendre Liébaut, médecin de Dijon, sous le même titre ; ouvrage qui fut très-répandu et obtint un grand nombre de réimpressions. Bernard Palissy, qui jeta tant de lumières sur plusieurs sciences et que nous aurons plus d’une fois l’occasion de citer, éclaira également l’agriculture en recommandant l’emploi de la marne, des faluns, en appelant l’attention des praticiens sur les engrais, en examinant la composition des terres, et en enseignant de nouveaux moyens d’irrigation.
Mais c’est principalement à Olivier de Serres que l’agriculture, au xviu siècle, dut ses plus heureux développements. Seigneur du Pradel, en Vivarais, il avait pris dans sa jeunesse une certaine part aux guerres de religion. Retiré dans ses domaines et encouragé par Henri IV, il donna une vive impulsion à la culture du mûrier et à l’industrie de la soie. Il en avait consigné les principaux détails dans un premier ouvrage, publié en 1600, sous le titre: De la Cueillette de la soye. Henri IV le chargea d’établir des planta-
BOTANIQUE
lions de mûriers dans toutes les résidences royales. C’est également à Olivier de Serres que se rapporte la naturalisation en France de la culture du houblon , du maïs, de la betterave, et même, suivant Haller, de la pomme de terre, récemment parvenue en Europe, et introduite dans l’alimentation. Son grand ouvrage, intitulé : Théâtre d’ Agriculture, fruit de quarante années d’études et d’expériences, fut accueilli avec une grande faveur. Il eut plus de vingt éditions en moins de deux siècles. Le plan de ce livre rappelle celui des Géorgiques de Virgile et du traité De Re rustica de Varron. Il est divisé en huit lieux ou chapitres, dans lesquels il traita successivement de tout ce qui se rapporte à l’économie agricole. Champion éclairé de l’agriculture méthodique et rationnelle, il combattit l’opinion qui voulait que l’agriculture n’eût besoin que de bras. Il ne néglige aucun détail, et passe en revue tout ce qui est relatif à l’habitation des champs , comme l’élève des animaux, la chasse et l’architecture rurale; il ne dédaigne pas même la culture des fleurs , témoin son chapitre intitulé : Le Jardin bouquetier, ni rien de ce qui constitue le charme et les beautés de la campagne.
Bien que dans le cours du xvne siècle ce livre se soit trouvé compris, en quelque sorte, dans la proscription qui suivit la révocation de l’édit de Nantes, il n’est pas moins resté le traité classique sur cette branche importante de nos connaissances, et il se lit encore aujourd’hui avec un grand intérêt. Le style d’Olivier de Serres est ferme, substantiel, naïf. Il rappelle cette langue du xvie siècle , si aimable et si puissante dans les écrits de Descartes, d’Amyot, de Montaigne, de Palissy, de François de Sales, et qui
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bientôt devait s’élever encore sous la plume de Pascal et des écrivains du siècle suivant.
Un monument fut élevé à Olivier de Serres, en 1804, à Villeneuve-de-Berg, sa ville natale. La société centrale d’agriculture publia en 1805 une édition magnifique de son principal ouvrage, en deux volumes in-4°. En 1856, une statue en bronze lui fut élevée dans la même ville, comme un hommage non moins digne du vénérable patriarche de l’agriculture moderne, et une seconde statue vient de lui être érigée à Paris, dans le vestibule du Conservatoire des arts et métiers.