LIVRE
le disposa d’une manière méthodique. Son livre est principalement un extrait de l’ouvrage d’Élien, auquel il joignit tous les passages qui, dans les auteurs de l’antiquité, se rapportaient à la zoologie, et les disposa méthodiquement. Il dédia son ouvrage au roi François Ier, qui, en 1546, envoya Pierre Gilles dans le Levant, à la tête d’une expédition scientifique. Ce monarque étant mort l’année suivante, le naturaliste, alors dans l’Asie Mineure, se trouva sans aucune ressource et se vit obligé de s’enrôler dans les troupes de Soliman II, où il servit pendant plusieurs années. Ses amis, ayant appris sa détresse, en donnèrent avis au cardinal d’Armagnac, qui se fit un devoir de le racheter. Gilles, rendu à la liberté, s’empressa de venir ii Rome pour remercier son protecteur, et mourut dans cette ville à l’âge de soixante- cinq ans.
Édouard Wotton, d’Oxford, contemporain de Gyllius, publia, en 1552, un ouvrage sur le même sujet. Ce livre a pour première base, non les écrits d’Élien, mais ceux d’Aristote. Il forme un traité de zoologie aussi complet qu’on pouvait le faire à cette époque. Il est divisé en dix livres. Dans le quatrième, l’auteur traite de l’homme, de sa structure, de ses qualités physiques, des races humaines, et il fait ressortir les principaux caractères qui distinguent notre espèce des autres animaux.
A peu près à la même époque (1551), parut en Allemagne l’ouvrage d’Adam Lonicer, médecin de Francfort, qui traite de toutes les parties de l’histoire naturelle, sous le titre de : Histoire naturelle des plantes , des animaux et des métaux. Ce livre a été souvent réimprimé, à Marbourg, ville natale de l’auteur, et à Francfort, où il mourut en 1586. Il est plus abrégé
ZOOLOGIE
que ceux de Gilles et de Wotton ; mais il contient des figures dont les autres sont dépourvus. Linnée a dédié à ce naturaliste le genre Lonicera.
L’histoire des poissons reçut dans la seconde moitié du xvie siècle une vive impulsion de la part de trois sayants ichthyologistes, amis et tout à fait contemporains : Belon, Rondelet et Salviani. Belon, dont nous avons déjà eu l’occasion de parler comme botaniste, après plusieurs excursions scientifiques en Allemagne, puis en Grèce, en Turquie, en Palestine et en Égypte, revint en France pour en rassembler les résultats. Il publia notamment un grand travail sur les poissons marins et les oiseaux ; mais ce qui lui valut surtout une réputation méritée, comme zoologiste, ce fut la publication de son livre déjà cité : Observations de plusieurs singularitez et choses mémorables, etc. Vaste recueil où Belon consigna les remarques de toute nature qu’il avait faites dans le cours de ses voyages, accompagnées de figures assez exactes. Ce livre renferme une foule de détails précieux et alors nouveaux sur presque toutes les parties de l’histoire naturelle. On y remarque les premières descriptions de l’hippopotame, de la girafe, de l’éléphant, de la civette, du dauphin, du caméléon, et de nombreuses notions sur les drogues médicinales tirées de l’Orient. On a vu que cet éminent naturaliste, à qui Charles IX avait donné un logement dans son château de Madrid, près deNeuillv, travaillait à une traduction de Théophraste et de Dioscoride, lorsqu’il fut assassiné, en traversant le bois de Boulogne, à l’âge de quarantesept ans.
Guillaume Rondelet , né à Montpellier en 1507 , était un anatomiste habile. Il devint professeur à