LIVRE III
l’école de médecine de sa ville natale et s’appliqua également à l’ichthyologie. Il fit plusieurs voyages avec le cardinal de Tournon, dont il était le médecin. Aidé des secours de l’évêque Pellicier, ambassadeur à Venise, il publia un ouvrage sur les poissons marins, etc., renfermant plus de quatre cents figures gravées sur bois, d’une si grande exactitude qu’elles pourraient encore servir à l’étude aujourd’hui. Rondelet était très-lié avec Belon, avec Salviani et même avec Rabelais, alors médecin à Montpellier, qui en a tait, sous le nom grotesque de Ro7idibilis , un personnage de son Pantagruel.
Presque au même moment (1554) parut l’ouvrage de Salviani, Romain, médecin des papes Marcel II, Jules III et Paul IV. Il a pour titre : Histoire des Animaux aquatiques. Les planches, qui sont gravées sur cuivre, sont les meilleurs dessins de cette époque. Suivant Cuvier, les trois ouvrages de Belon, de Rondelet et de Salviani forment le premier fondement de l’ichthyologie moderne et représentèrent seuls cette science jusqu’à la première moitié du xvin° siècle. Celui de Rondelet est resté complet et capital pendant cent cinquante ans. Son texte est le meilleur, son anatomie est la plus savante ; mais Belon a plus observé par lui-même; il y a plus de critique, d’intelligence et de savoir dans sa synonymie. D’ailleurs il a abordé avec supériorité non-seulement diverses parties de la zoologie, mais encore presque tous les autres rameaux de l’histoire naturelle générale.
A côté des travaux de ces trois savants naturalistes se placent un traité sur l’ornithologie, dû à Gilbert Longolius (Longueil), d’Utrecht, compilation estimable, mais peu importante, et celui de Guillaume
ZOOLOGIE
Turner, de Morpeth, ouvrage à peine supérieur à ceux de Longolius et de Paul Jove. Turner, né en 1500, sous Henri VIII, persécuté en Angleterre comme protestant, se réfugia à Ferrare et mourut à Cologne, en 1568.
Nous avons déjà cité, à propos des classifications botaniques, le nom du naturaliste le plus célèbre du xvic siècle, Conrad Gesner, un de ces hommes exceptionnels qui déterminent tout le mouvement de la science à une époque donnée, et nous avons dit qu’il n’avait pas été moins éminent dans les autres branches de l’histoire naturelle. En zoologie, par exemple, un de ses principaux ouvrages : V Histoire des Animaux, donna le plus grand élan à cette science. Ce livre se compose de cinq volumes in-folio. Les deux premiers traitent des quadrupèdes, le troisième des oiseaux, le quatrième des poissons; le cinquième, qui ne parut que longtemps après sa mort , se rapporte aux serpents, et il en avait préparé un sixième, consacré à l’histoire des insectes. Cet ouvrage, fruit d’une érudition immense, est une véritable encyclopédie zoologique, qui rassemble les travaux des anciens, ceux du moyen âge, ainsi que les plus récents, classés méthodiquement et critiqués avec autant de sagacité que de justesse. Il a servi de point de départ et a fourni les meilleurs éléments aux travaux des naturalistes ultérieurs. Ce n’est pas seulement une compilation savante, car il contient aussi une foule d’observations nouvelles qui sont propres à l’auteur ou qu’il avait reçues de ses nombreux correspondants. U Histoire des Animaux, de Gesner, est encore aujourd’hui un ouvrage très- curieux et indispensable aux naturalistes.
Mais ce n’est pas là que se bornent les titres de