‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 75 sur 145 · LIVRE lll · texte numérisé non relu

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il leur recommanda de faire des rechei’ches sur euxmêmes. Quant à la médecine chémiatrique, dont il ne fut que le promoteur, car elle appartient aux alchimistes de l’âge précédent, on ne peut disconvenir qu’elle n’ait rendu des services réels et donné une vive et nouvelle impulsion aux recherches médicales. Ce qui tendrait à l’excuser, sinon à l’absoudre, c’est sa bonne foi , sa conviction sincère. Il croyait à la réalité de ses doctrines, comme à l’efficacité de ses arcanes, comme à sa supériorité intellectuelle et à ses inspirations.

Mais son tort trop réel, c’est, en se livrant aux croyances, aux superstitions les plus absurdes, d’avoir encore excité le goût de l’époque pour les sciences occultes et exalté par son exemple les extravagantes prétentions de leurs sectateurs, bien que, dans plus d’une occasion, il repousse l’idée de la sorcellerie. Du reste, il atteignit son but, en ce sens qu’il réussit jusqu’à un certain point à anéantir des doctrines surannées, à tirer la science du sanctuaire de l’école, à diriger la médecine dans une voie nouvelle, à fixer l’attention des praticiens sur des agents d’une énergie et d’une efficacité incontestables. Est-ce donc là un faible mérite, et, en faveur de pareils résultats, ne doit-on pas montrer quelque indulgence pour des écarts d’imagination dont l’auteur fut lui-même la première victime? On sait qu’il mourut, jeune encore, à la suite d’excès déplorables, à l’hôpital de Salzbourg (1541).

L’influence de Paracelse fut considérable et plus étendue qu’on n’aimerait à le supposer. Sa célébrité multiplia les médecins alchimistes, mais surtout les charlatans. Quelques-uns de ses disciples renchérirent, comme cela arrive toujours, sur ce que ses doctrines

ZOOLOGIE

avaient de bizarre et d’étrange. D’autres, plus judicieux, en écartèrent les erreurs les plus graves et en mirent à profit les principes les mieux fondés. Parmi les uns, on trouve quelques aventuriers, tels que Turneysser, de Bâle, et Adam de Bodestein, qui pensèrent qu’une vie désordonnée et vagabonde ajoutait un certain poids à leur singulière propagande. Au nombre des autres se trouvent Oswald Crollius, André Libavius, Joseph Duchesne, auxquels nous devons joindre Gonthier d’Andernach, qui, à l’âge de soixante-dix ans, étudia la chimie pour en faire l’application à la médecine, mais surtout l’illustre Van Helmont , l’un des plus savants, des plus dignes médecins de cette époque, et en même temps l’un des promoteurs les plus célèbres de la chimie rationnelle, dont nous reparlerons bientôt.

Nous devons aussi placer dans cette catégorie Laurent Joubert, chancelier de la faculté de Montpellier, l’ami de Rondelet et de Belon, médecin d’Henri III, anatomiste éminent, qui écrivit un ouvrage sur les Erreurs populaires, qui appuya par de nouvelles observations la doctrine d’Ambroise Paré sur les plaies d’armes à feu, et traduisit en français, avec son fils, la Chirurgie de Gui de Chauliac : traduction si souvent réimprimée; André Dulaurens, successeur de Joubert dans sa chaire de Montpellier, qui devint médecin d’Henri IV, et écrivit un traité d’anatomie dont on remarqua le style élégant et correct ; Gaspard Aselli , de Crémone, professeur à Pavie et à Milan; enfin , Daniel Sennert, de Breslau, médecin de l’électeur de Saxe, professeur à Wittemberg, compilateur un peu crédule, qui mourut de la peste, après avoir résisté h sept épidémies successives.

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