LIVRE
préparèrent l’essor de celle qui allait la suivre. Le seul inconvénient qui semblerait en résulter serait de voir reparaître ces noms dans la période suivante, et nous ne voyons pas ce que l’instruction pourrait perdre à une pareille répétition.
Presque au même moment où Van Helmont émettait ses théories, qui n’étaient que le fruit d’une imagination originale et féconde, un savant plus positif, plus franchement livré à la méthode expérimentale, ouvrait une nouvelle carrière à l’anatomie et à la médecine en prenant son point d’appui dans l’observation attentive des phénomènes physiologiques.
William Harvey était né, en 1578, à Folkstone, en Angleterre. Il étudia d’abord à Cambridge, voyagea en France, en Allemagne et alla se placer ù Padoue sous le patronage de Fabrice d’Acquapendente, qui venait de faire la découverte des valvules des veines, et dont la célébrité était alors dans tout son éclat. Harvey, • réfléchissant à la direction des valvules qui sont situées à l’entrée des veines et à la sortie des artères, entreprit des expériences pour découvrir la marche du sang dans les vaisseaux. Il remarqua que, lorsqu’on lie des artères, celles-ci se gonflent au-dessus de la ligature, dans la partie la plus voisine du cœur, et les veines au-dessous, dans la partie plus éloignée du même organe que la ligature. Il en conclut que le sang est poussé du ventricule gauche du cœur dans les artères, jusqu’aux extrémités, d’où il revient par les veines dans le ventricule droit. Il rattacha le phénomène du pouls à la structure anatomique du système vasculaire , et montra que la circulation des vaisseaux du cœur se croise avec la circulation des poumons. Ces découvertes étaient
ZOOLOGIE
de la plus grande importance pour l’avenir de la physiologie animale.
Harvey était de retour à Londres en 1604. Il devint successivement médecin de l’hôpital Saint-Barthélemy, professeur d’anatomie et de chirurgie au collège des médecins de Londres, médecin des rois Jacques Ie1’,
La maison de Harvey livrée au pillage.
Charles Ier, et, en 1645, chef du collège de Merton , à Oxford. Ayant suivi le parti de Charles Ier, il fut dépouillé de ses places, il perdit sa fortune, sa maison fut pillée, ses manuscrits furent perdus ou incendiés. Il vécut depuis dans la retraite, et mourut en 1658, à l’âge de quatre-vingts ans.