LIVRE
La découverte d’Harvey date de J 619, bien que ses expériences remontent à 1602. Il ne la publia toutefois qu’en 1628, dans son traité intitulé : Prima Exercitatio anatomica de motu cor dis et sanguinis. Ses idées éprouvèrent d’abord une grande opposition en Angleterre; son plus ardent contradicteur fut le médecin écossais Primerose; en France, il fut vivement attaqué par Riolan; en Allemagne, par Vinderlinden et plusieurs autres. Harvey se défendit avec modération, avec modestie; mais il trouva un champion aussi ferme qu’habile dans G. Ent, son élève et son ami. Quand on fut obligé de reconnaître la vérité de ses assertions, on allégua qu’Hippocrate connaissait la circulation et ses lois; on se souvint que l’Espagnol Michel Servet avait le premier soupçonné la circulation pulmonaire, que Césalpin avait pressenti la circulation artérielle; mais peu h peu la gloire de cette découverte revint à son véritable auteur. Descartes la prit pour base de la physiologie qu’il professa dans son traité de V Homme, elle finit par devenir tout à fait populaire, et Harvey eut le rare bonheur de la voir généralement adoptée de son vivant. Il avait donné deux autres ouvrages, sur la Circulation du sang (1649), sur la Génération des animaux, et plusieurs autres écrits. Modeste autant que laborieux, ferme dans ses opinions, Harvey se montra plein de courage dans les revers de sa fortune. Il légua au collège des médecins de Londres son cabinet et sa bibliothèque, avec une rente perpétuelle poulies entretenir.