‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 8 sur 145 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Arabes. — Au commencement du vne siècle, Mahomet, ayant conquis l’Arabie, y fonda une religion nouvelle, l’islamisme, qui se répandit avec rapidité dans une grande partie de l’Orient. Après la mort de Mahomet, ses successeurs, Abou-Bekr, Omar, Othman, Ali, Mohawiah, et d’autres qui forment la dynastie des Ommiades, propagèrent avec ferveur les doctrines du prophète. Ils prirent le nom de califes, envahirent la Perse, la Syrie, l’Égypte, et se présentèrent même devant Constantinople , qui, sous Léon l’Isaurien, et grâce à l’emploi du feu grégeois, put seule résister à leurs armes.

Le théâtre de la domination arabe s’étendit en peu d’années des rives du Tigre à celles du Guadalquivir. 11 embrassait la Babylonie, la Perse, la Syrie, tout le contour méridional de la Méditerranée et de la péninsule espagnole. Les Ommiades régnèrent jusqu’au milieu du vme siècle sur la totalité de cette vaste monarchie; mais, en 749, à la suite d’une révolution intérieure, ayant été détrônés par les Abbassides, ils allèrent, sous YValid Ier, s’établir à Damas, puis en Espagne, où ils fondèrent un nouvel empire. Jusque-là, constamment occupés de leurs conquêtes ou de leurs divisions intestines, ils n’avaient pu se livrer d’une manière suivie à l’étude des sciences. Cependant, possesseurs des connaissances de l’antiquité, y compris celles des Indous £t des Chinois, qui , par suite des troubles de l’invasion , avaient été abandonnées en Grèce et à Rome, ils en apprécièrent

bientôt toute la valeur, et se livrèrent dès lors à l’étude avec un certain entrainement. Toutefois ils se bornèrent généralement à recueillir, à commenter les écrits des anciens plutôt qu’à les étendre. Du moins, ils en conservèrent soigneusement le dépôt, et c’est grâce à eux que ces connaissances se répandirent plus tard dans tout l’Occident.

Dès le moment de leur établissement dans la péninsule ibérique, les Arabes musulmans, qui prirent aussi le nom de Maures, enhardis par le succès de leurs armes, avaient rêvé la conquête de la France. Ils envahirent le Languedoc; mais, parvenus dans les plaines du Poitou, ils furent arrêtés et. défaits par Charles Martel , qui les força à repasser les Pyrénées.

C’est au viii® siècle que commença à se prononcer le grand mouvement intellectuel qui devait caractériser la civilisation arabe. Au vme siècle les sciences semblaient s’avancer parallèlement en Orient et en Occident. Tandis qu’en France Charlemagne ouvrait des écoles qui étaient le prélude de la fondation des universités, et pour lesquelles il empruntait des professeurs à l’Irlande , où l’invasion barbaresque n’avait presque pas pénétré, le calife Al-Manzor créait à Bagdad une université où l’on comptait six mille professeurs et étudiants. Haroun-al-Raschid , aussi contemporain de Charlemagne , et Al-Mamoun , l’un de ses fils, rivalisaient de zèle pour le développement des études. Al-Mamoun alla jusqu’à déclarer la guerre à Michel III, Ducas, pour le contraindre à lui céder des savants et des livres. Il fit rechercher les ouvrages d’Aristote, d’Euclide et d’Hippocrate; il les fit traduire en arabe, ainsi que Y Alma-

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