‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 81 sur 145 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Saturne le plomb, Jupiter l’étain, et Mercure le vifargent. La langue des chimistes a conservé ces prétendues analogies jusqu’à la lin du xviii0 siècle. On trouve dans le même livre d’autres rapports aussi étranges entre les astres et les pierres précieuses. En 1530, Érasme Stella imprimait à Strasbourg son livre des Gemmes, qui n’est autre chose que la reproduction, avec commentaires, de l’ouvrage de Pline sur le même sujet.

Agricola. — Le premier minéralogiste sérieux et savant parut en Allemagne sous le nom de George Agricola, traduction latine de son vrai nom : Bauer ou Landmann, qui signifie agriculteur. Les savants, à cette époque, croyaient se donner plus d’importance en prenant des noms grecs ou latins qui rappelaient plus ou moins leurs noms véritables. Ç’est ainsi, que Mélanchthon ( terre noire ) s’appelait réellement Schwartzerde ; Jacques Dubois avait pris le nom de Sylvius, et Dujardin celui de cib Horio. Duchesne avait pris le nom de Quercetanus , etc. Le botaniste l’Écluse se faisait appeler Clusius. Le botaniste Bock (Bouc) signait Tragus, et Œcolampade , le fameux controversiste , se nommait réellement Hausschein (lumière de la maison).

Agricola était né à Chemnitz, en Bohème, en 1494. Après avoir fait d’assez bonnes études classiques à Zwickau, puis à Leipzig, il alla étudier la médecine dans diverses universités d’Allemagne et d’Italie. Il

MINERALOGIE.

séjourna deux ans à Venise et s’y adonna à la chimie. De retour au pays natal, en 1520, il s’établit d’abord dans les montagnes des Géants , en Bohême , et s’y livra à l’étude des minéraux. L’année suivante il vint se fixer à Joachimsthal, pour y exercer la médecine, réservant tous ses loisirs à des recherches minéralogiques et à la lecture des auteurs anciens qui avaient écrit sur ce sujet. Sa réputation de savant ne tarda pas à se répandre ; il était lié avec tous les hommes éclairés de l’Allemagne : Didier, Érasme , Valerius Cordus, G. Fabricius, son compatriote, et Commerstadt. Ce dernier lui fit obtenir une pension du prince Maurice de Saxe , à qui il avait déclaré que les richesses souterraines de son duché surpassaient celles dont le sol était recouvert.

En 1531 , il revint à Chemnitz, dont il venait d’être nommé bourgmestre. C’est là qu’il recueillit de la bouche des officiers des mines et des mineurs euxmêmes, dont il était le médecin, tous les détails et les procédés relatifs à l’exploitation des minéraux; c’est là qu’il conçut l’idée et qu’il réunit tous les matériaux du grand ouvrage de Re metallica , sur lequel se fonde principalement sa réputation.

Outre cet ouvrage capital, Agricola en publia plusieurs autres qui se rapportent au même sujet, devenu le but spécial de ses recherches laborieuses : de l’Origine et des Causes des matières souterraines ; de la Nature des fossiles ; des Métaux anciens et nouveaux ; ce dernier est dédié à son ami Commerstadt ; enfin le Bergmannus (le mineur, l’homme des montagnes), etc. etc., dans lesquels il consigna successivement le fruit de ses longues et patientes études.

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