‹ La science et les savants au XVIe siècleChapitre 91 sur 145 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

le premier des crayons de plombagine et du graphite. Plusieurs observations qu’il rapporte, au sujet de la pierre molybdique, de l’antimoine et du cinabre natif des mines d’Idria, le placent au nombre des chimistes sérieux. Il était très-versé dans l’histoire îles sciences de l’antiquité, et doit figurer parmi les hommes les plus éclairés de son époque.

Cesalpino, né en 1519, physicien, chimiste et naturaliste, adversaire modéré de Paracelse, professeur à l’université de Pise, devint médecin du pape Clément VIII, professeur de médecine au collège de la Sapience, et mourut à Rome, en 1003, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Péripatéticien aussi zélé que savant, il fit l’application des doctrines d’Aristote à toutes les branches de l’histoire naturelle, et laissa une haute réputation de savoir. Il connut la circulation pulmonaire et pressentit évidemment la grande circulation, qu’il annonça en termes formels dans son traité des Plantes, mais qu’il était réservé à Harvey de démontrer anatomiquement.

Dans l’histoire des progrès de la minéralogie au xvie siècle, Georges Agricola occupa, sans conteste, le premier rang pour la connaissance des minéraux, Palissy pour la nouveauté des vues géologiques, Conrad Gesner pour la description des cristaux, et Césalpin pour la classification. Son système resta le meilleur jusqu’au moment où les substances minérales durent être classées d’après leur composition chimique.

Nous devons encore signaler un ouvrage de Gaspard de Schwenckfeld , né en Silésie, qui fut publié en 1600. Ce savant essaya aussi une classification des espèces minérales moins heureuse que celle de Cé-

MINERALOGIE.

salpin. Bernard Cesius, jésuite de Modène, donna également un traité, encore empreint des idées de la cabale et de l’astrologie, sur les Propriétés des pierres. Georgius, de Stockholm, publia un livre sur le même sujet; enfin Aldrovande s’était aussi occupé des mêmes matières. Mais ce travail, qui n’était guère plus avancé, ne parut qu’en 1648 : il est pourtant assez remarquable sous le rapport de la description des fossiles.

Ce n’est pas à cette série de travaux et de publications que se bornent les progrès de la science des minéraux au xvie siècle. En 4540 , parut le livre de Vannuci Biringuccio, de Sienne, intitulé : De la Pyrotechnieou l’art du feu, appliquée à la connaissance des métaux , des demi-métaux, de leurs minerais et des sels naturels. Cet ouvrage , divisé en dix livres , traite successivement de l’extraction, de l’affinage, de l’inquartation (départ) des substances métalliques, de leurs alliages, de leurs emplois et des arts qui s’y rapportent.il est écrit avec clarté, mesure et logique. L’auteur repousse la doctrine de la transmutation et celle de la composition des métaux, suivant les idées des alchimistes; il est observateur sagace, et montre un bon esprit scientifique. Dans un de ses chapitres , il enseigne l’art de composer des feux artificiels.

En Espagne, Perez de Varga publia, en 1569, un traité : De Re metallica, qui est loin d’égaler l’ouvrage d’Agricola. L’auteur admet encore les doctrines des alchimistes; il croit à la pierre philosophale. Il connaissait le manganèse (oxyde), que l’on nommait alors savon des verriers, parce qu’il sert à blanchir le verre, la gravure à l’eau-forte, la dorure

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