Lamahck. Hydrogéologie el Philosophie géologique
2. CiîviER n"afnrme pas ces créations qui, pour lui, peuvent être remplacées par des immigrations de source inconnue ; mais, pour dOrbigny (1819), il y a eu e.xactement — et le fait lui parait a certain u — 27 créations successives.
CIIAP. Vr. — HISTOIRE DE LA CLASSIFICATION PALÉONTOLOGIQUE 195
fossile analogue contenu dans un étage antérieur ; mais, si cera est vrai en théorie, cela n'est pas toujours confirmé en pratique, puisqu'on voit (dans certains cas, sans doute exceptionnels), telle espèce, comme les lingules, demeurer immuable et stalionnaire à travers toute l'échelle des terrains géologiques ' (fig. 9 et 10). En tout cas, c'est partir d'une idée tout à fait fausse que de supposer par induction, entre deux êtres identiques recueillis seulement dans deux terrains successifs, une différence, qui n'ai)paraît en aucune façon et de fixer cette différence imaginaire par une distinction de \ ; A T >^ 4^9ÛA nom, qui semble séparer ces deux
Fig. 9. — Type de lingule silurienne (étage 4), Lingula Lesueuri de Chateaubriant (Loire-Inférieure). Grandeur naturelle, d'après un échantillon de l'École des mines.
Fig. 10. — Type de lingule actuelle (ét^^îc 60) , Lingula Hii-undo (Reeve) du détroit de Terrés. Grandeur naturelle, d'après un échantillon de l'Ecole des mines.
individus semblables, autant que deux autres, dont tous les caractères se sont réellement modifiés.
Cette première erreur (dont les applications paraîtront peut-être bien rares aux paléontologues), s'est trouvée aggravée par le caractère de généralité, que l'on voulait absolument attribuer à tous les changements locaux de faunes, supposés produits par une série de cataclysmes universels, et il en est résulté la longue méconnaissance de tous ces phénomènes, auxquels nous attribuons maintenant tant d'intérêt : migrations, colonies, apports par les courants, etc., etc.
1. De même les Lagena et Rotalia actuels remontent au silurien ; les Cidaris au permien. Les profondeurs des mers, sans renfermer la faune primaire que l'on attendait, contiennent quelques espèces jurassiques ou crétacées. De temps à autre, on retrouve vivant un animal tertiaire comme l'okapi. Il faut remarquer, quand on discute les théories transformistes, que les besoins de la stratigraphie nous font attribuer une importance exorbitante aux quelques fossiles rapidement évolués, en perdant de vue tous les autres, plus nombreux, dont les modilications ont été lonLes.
Aujourd'hui cependant, par suite du mouvement imprimé aux idées par les hypothèses de Darwin, on est arrivé à concevoir que le rapport entre deux types animaux, leur rapprochement par la classification seraient particulièrement bien établis, si l'on arrivait à établir leur lien historique, h saisir le passage de l'un à l'autre. C'est en cherchant, dans l'histoire des êtres, leur filiation que nous prétendons établir leur xîlassification : les recherches de ce genre étant elles-mêmes dirigées par les analogies de structures, que révèle une première classification empirique. En un mot, ce que l'on poursuit, dans la classification des êtres, c'est la reconstitution de leur arbre généalogique '■. Ou, si l'on veut présenter la même idée sous une autre forme, c'est le tracé graphique des courbes (continues ou discontinues), qui expriment les variations des types en fonction du temps pour un point géographique déterminé et qui, par suite, classent ces types successifs dans un ordre logique, en montrant comment l'ordonnée de chacun d'eux peut se trouver déterminée, pour une région précise, quand on connaît l'abscisse, qui est le temps.
B) Applic.\tion de la paléontologie a la stratigraphie. — Choix des