I. — Travaux sur le terrain
A) OesEnvATioNs locales et collectes d'échantillons. — Sur le terrain,
1. KonradKeilhack. Lehrbuch der praklischen Géologie. Arbeils-und Unlersuchungs- Melhoden auf dem Gebiete der Géologie, Minéralogie und Paléontologie. Stuttgart. Enke. 1896, 638 p. — Ar. Geieie. Géologie sur le terrain, (trad. franc, par 0. Chemin. 1903) — Eue de Be.vlmont : Leçons de géologie pratique, 2 voL in-8», Paris, 1845-1849 (1869). — Ouvrages divers sur la prospection. — Ou, à titre historique, quelques livres anciens, te]s qaeV Agenda geognostica deLcosHABD.— A. BonÉ. Guide du géologue voyageur. 1835. — De la Be-.he. Uow to observe in geology. 1838. — Bcrat. Géologie appliquée. 1843.
Dk LAOiiAT. — Science géologique. "
le géologue doit observer, et même, si on le veut, tout observer, mais successivement et méthodiquement, non pêle-mêle et au hasard. Savoir ■observer suppose un instinct d'abord, puis une éducation. Ainsi que je l'expliquerai mieux tout à l'heure, on ne voit bien que quand on prévoit; on ne distingue nettement un phénomène fugitif que lorsqu'on le cherche et, surtout, lorsqu'on sait d'avance où le chercher. Toute observation suppose donc un choix plus ou moins conscient, une direction donnée à l'effort. Mais c'est ici que se présente un point critique : cette prévision, presque nécessaire, ne doit pas tourner à l'idée préconçue, exclusive d'une initiative nouvelle; cette expérience à la routine. Il ne faut pas que la vérification attendue, désirée même, d'une loi générale, empêche de distinguer l'anomalie; la poursuite des échinodermes dans un terrain ne doit pas rendre aveugle pour le trilobite, qu'y amènerait une circonstance extraordinaire. Le propre du naturaliste est de ne jamais laisser échapper ce petit fait singulier, imprévu, rare, qui peut conduire à une idée nouvelle; le propre du savant, quel qu'il soit, est de ne pas glisser légèrement sur ce qui le gène, sur ce qui l'étonné, sur ce qui dérange ses calculs ou ses prévisions, mais, au contraire, de s'y entêter jusqu'à ce qu'il en ait trouvé la solution. Il est toujours facile, ayant, sur un « graphique », un certain nombre de points représentatifs d'un phénomène, de faire passer au milieu d'eux une courbe élégante, qui permette un énoncé simple de la loi; mais le pourquoi des points excentriques, voilà la source possible des découvertes futures.
En même temps que le géologue observe — ce qui, nous venons de le voir, implique un choix — il doit aussi, bien souvent, deviner; car l'observation ne va guère ici sans une divination ; et, dans cette divination, qui a nécessairement pour point de départ conscient ou instinctif une interprétation théorique, une hypothèse, intervient, avec ce qu'on pourrait appeler le flair ou le coup d'œil du naturaliste, sa faculté de raisonner.
Pourquoi, dès ce premier pas dans la méthode géologique, faut-il donc deviner et non pas seulement observer, ou, à la rigueur, choisir, ainsi que l'exigerait une logique rigoureuse? c'est ce qu'on va comprendre aisément.
Le premier but du géologue est la détermination de la constitution terrestre en chaque point, et la coordination élémentaire des points les plus voisins entre eux. Mais, cette constitution terrestre, il est rare qu'elle apparaisse à la surface ; aussi bien dans les régions cultivées que dans les zones vierges, le sol est caché le plus souvent : dans un cas, par les prés, les cultures, les habitations ; dans l'autre.