‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 118 sur 356 · II. — La méthode de la tectonique · texte numérisé non relu

II. — La méthode de la tectonique

A) Observations sur le terrain et erreurs possibles. — E.kpérimen- TATioN. — Le fondement de toute tectonique est, j'ah* peine besoin de le dire, comme celui de toute géologie quelconque, un système d'observations, aussi complètes, aussi minutieuses et aussi précises que possible. Ces observations sur le terrain doivent précéder le travail de coordination, sur lequel j'insisterai plus loin ; mais il faut aussi qu'elles le suivent et que l'hypothèse définitive, une fois admise et tracée graphiquement, soit remise en contact avec la réalité.

Ces observations de plongements et de directions stratigraphiques peuvent prêter à bien des illusions. C'est ainsi qu'il faut savoir distinguer la vraie et la fausse stratification des couches : beaucoup de terrains, soumis à des actions mécaniques, ayant pris une division par bancs ou par feuillets, qui ressemble à celle de la sédimentation ; mais on se trouve averti de cette erreur possible en essayant de suivre une couclie d'une nature physique ou minéralogique déterminée.

Il y a également lieu de suspecter et de n'accepter qu'après contrôle tous les plongements, qui peuvent résulter d'un simple accident superficiel : ceux des blocs éboulés ou inclinés en pays montagneux ; plus généralement, ceux des terrains quelconques situés sur un flanc de vallée, dont ils épousent à peu près linclinaison, ou même tous ceux

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qui peuvent tenir à un mouvement récent et local, à la dissolution d'un banc de sel ou de gypse, à un gonflement d'anhydrite passé à l'état de gypse, à un effondrement souterrain en pays calcaire miné par la circulation interne des eaux, etc. Certaines concordances de stratification peuvent tenir à l'application mécanique de sédiments plastiques, soumis à un laminage, au milieu d'un pli ; certaines discordances peuvent venir de ce qu'une masse de terrain a glissé sur un plan de marne ou d'argile.

Cet ensemble d'observations sur le terrain étant immédiatement accompagné d'une première synthèse, les recherches se trouvent dirigées dans une voie déterminée et visent, d'abord, à confirmer ou infirmer la conception résultant d'un premier examen des faits; mais elles ne doivent pas se localiser et, plus le problème est compliqué, plus il faut l'aborder par toutes ses faces.

Le rôle de V expérimentation en tectonique a déjà été rappelé plus haut' ; il ne doit, ce me semble, que rester très subordonné, étantdonné l'énorme disproportion entre les déformations mécaniques, que réalisent nos expériences et celles que nous offre la nature ; l'étude attentive des phénomènes naturels dans toutes leurs particularités sera toujours plus instructive qu'un essai de laboratoire. Néanmoins, on ne saurait oublier, à cette place, les nombreux travaux classiques, par lesquels Daubrée a reproduit des systèmes de fractures naturelles en soumettant des prismes de cire à un écrasement, ou des plaques de verre à une torsion-, celles sur le laminage et l'étirement des corps solides, celles sur la perforation de blocs d'acier par des gaz explosifs, celles de deChancourtois sur la contraction d'une sphère, etc., etc.

Un peu dans le même ordre d'idées, l'étude en plaques minces d'échantillons soumis à des étirements géologiques a quelquefois apporté un utile enseignement, comme cela a lieu pour les métaux écrasés, laminés, martelés, etc. L'un des premiers travaux semblables a été fait par M. Heim dans la région de Claris, vers 1878.

/^)MiiTHODES d'interprétation graphique. Étude des accident.s mécaniques

INDIVIDUELS : FAILLES ET FLEXURES, DISCORDANCES, PLIS SIMPLES, PLIS RE.NVERSÉS,

CHARRIAGES, PLIS A LENVERs, etc. — Pendant que les relevés sur le terrain se poursuivent et après leur achèvement, la méthode essentielle de la tectonique consiste, dans tous les cas possibles, à multiplier les coupes verticales en sens divers et à essayer de les interpréter, c'est-à-dire à en relier les traits connus par des courbes hypothétiques, jusqu'à ce qu'on soit arrivé à un système tel qu'il concilie, à la fois, toutes les

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