CHAP. VIII. — FACIES ATLANTIQUE ET FACIES PACIFIQUE
Lapparent, « la permanence de l'océan Pacifique depuis les temps les plus reculés est un fait absolu ». D'autres, au contraire, tels que Huxley, Baur, Neumayr et, plus récemment, M. Haug ont admis l'existence d'un continent Pacifique, effondré sous les eaux, soit avant le jurassique (Neumayr et Suess), soit môme, d'après M. Haug, pendant le tertiaire. Suivant M. Haug', qui a le plus récemment développé cette thèse, ce continent Pacifique aurait joué le rôle d'Avant-Pays par rapport aux plissements, qui forment toute sa périphérie, et dont le relief le fJI^ grand remonte à l'époque tertiaire. Le continent aurait été enveloppé par un sillon marin, (dont l'existence peu douteuse s'accorde avec les deux théories opposées), par un géosynclinal, sur l'emplacement duquel, suivant la loi générale exposée plus loin au chapitre de la tectonique, se serait dressée la chaîne de plissement principale -.
C'est à peu près à cette dernière théorie que nous nous rangerons. Nous croyons que le Pacifique représente un exemple de grande transgression actuelle portant sur un ensemble très compliqué d'aires continentales et de géosynclinaux : les unes ayant subi des mouvements verticaux de sens contraire reconnus sur les îles volcaniques et coralliennes ; les autres ayant éprouvé des plissements et des charriages (Nouvelle-Calédonie, etc.). Là doit se trouver la clef et la contrepartie de certaines invasions ou régressions marines trop générales dans notre hémisphère. ^.
Tout autre est le caractère de l'Atlantique, et les hésitations disparaissent à peu près quand on l'aborde. Ici, on voit les zones de plissement récentes, qui couvrent, d'un côté, toute la région Méditerranéenne» de l'autre la mer des Antilles et le golfe du Mexique, arriver, avec une direction Est-Ouest, perpendiculairement aux côtes Nord-Sud, qui les interrompent brusquement. Et il en est de même pour les chaînes plus anciennes, calédonienne ^ hercynienne, etc., qui, de tout temps, se sont présentées dans les mêmes conditions, un peu plus au Nord. L'axe de l'Atlantique marque un axe de symétrie primitif, des deux côtés duquel les masses continentales, que l'on a appelées les « boucliers » Scandinave et canadien, se sont fait pendant. De même que ces deux « boucliers » sont homologues, l'Amérique du Sud et l'Afrique, de l'autre côté de l'Equateur, le sont aussi. Il y a continuité, à tous égards, à travers l'Atlantique, et la coupure primitive suivie par les mers, au lieu d'être
i. n\UG. Les géosynclinaux et les aires continentales (Bull. Soc. géol., 3» sér., XXYIII. 1900. p. 646]. Voir plus loin, page 375.
i. Les récentes recherches de Bcbckharot dans les Andes semblent bien montrer qu'il existait, à l'époque secondaire, un continent à l'Ouest du rivage acLucl.