‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 157 sur 356 · Voir plus loin page · texte numérisé non relu

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CHAI». X. — DYNAMO-MKTAMORPIIISMK 307

le long de basaltes ou de porphyrites recoupant de la houille, on trouve du coke sur quelques centimètres d'épaisseur. Enfin, il y a eu certainement des refusions totales de parties déjà consolidées ; mais alors cette refusion a généralement été suivie par une absorption plus ou moins complète dans la roche éruptive, qui a subi de ce chef ime réaction chimique : ce que l'on appelle un métamorphisme cndomorphe. D'une façon générale, l'influence de la chaleur seule, s'il ne s'y joint pas la pression de la vapeur d'eau ou des éléments volatils, peut être considérée comme sans grande portée dans ce genre de phénomènes. Mais il y a peut-ôtre une place à lui faire dans les phénomènes d'un autre genre, que nous allons examiner.

e. Dijnamo-mélamorphisme et métamorphisme régional. — Il s'agit encore ici d'un phénomène, dont les effets se manifestent surtout dans les terrains anciens. On a, dans certaines écoles géologiques, attribué un rôle capital aux actions, simplement mécaniques, qui s'accompagnent nécessairement d'un développement de chaleur et l'on a voulu expliquer, non seulement les modifications d'état physique constatées dans les terrains, mais même les cristallisations de minéraux divers, par des groupements moléculaires nouveaux, consécutifs de ces échauffements et de ces fusions, sans aucune espèce d'intervention aqueuse, volatile ou ignée. La production des gneiss serait ainsi, non connexe du plissement, mais réalisée par ses seuls effets mécaniques. Ainsi présentée, cette théorie ne paraît applicable qu'à des cas particuliers ; mais, si l'on veut dire que le métamorphisme chimique n'est pas nécessairement produit par le voisinage d'une roche éruptive et peut avoir pour cause les circulations d'eau chaude alcaline sous pression dans les terrains froissés dynamiquement, la thèse devient très admissible, elpeut être appliquée, avec beaucoup de vraisemblance, à la transformation de grandes régions plissées, où les roches éruptives, contemporaines du plissement, si elles existent, sont, en tout cas, trop profondes pour que l'érosion ait pu les mettre à jour et où l'on observe une cristallinité, souvent en rapport avec le degré de plissement.

Commençons par les cas, où il a dû se produire, au sens strict du mot, un dynamo-métamorphisme, c'est-à-dire une action mécanique accompagnée de chaleur, sans intervention des eaux souterraines. Les exemples à citer sont assez rares. Il faut cependant leur rapporter toutes les altérations à caractère mécanique proprement dit, telles que les étirements de bancs de poudingues, ou de couches dures redevenues presque plastiques, de granités schisteux ou écrasés (mylonites), dans lesquels les cristaux fendillés ont été déplacés, laissant des vides qu'un métamorphisme chimique a pu remplir, etc. C'est à ce cas

surtout que se rattachent ces laminages, ces écrouissages de terrains argileux,, réalisés dans des expériences synlliéliques par Daubrée après James Hall, ces fausses stratifications de bancs ardoisiers obliques sur la schistosité etc. On peut également faire rentrer dans le même cas certaines transformations, que l'on reproduit par la chaleur seule : par exemple, le charbon devenant du graphite dans des bancs redressés des terrains alpins ; peut-être encorda transformation de calcaires en marbres, {quoiqu'on ait discuté l'expérience de Hall, où intervenait déjà l'eau sous pression), ou quelques cristallisations de minéraux.

Mais c'est là à peu près tout et, plus généralement, le prétendu dynamométamorphisme paraît avoir été en fait un métamorphisme chimique, ayant, comme agents essentiels, la vapeur d'eau sous pression et les selsquel'eau pouvait conteniren dissolution. L'eau souterraine, elle est partout, comme nous le verrons mieux tout à l'heure en étudiant les altérations de la zone plus superficielle; elle entre, de plus, dans la constitution même des roches cristallines les plus profondes, qui, soumises aune refusion, la mettent aussitôt en liberté. Kt cette eau souterraine, bientôt échauffée par son seul circuit, indépendamment même du dynamisme qui n'a pu qu'exagérer tous ces phénomènes, acquiert les propriétés d'un acide susceptible de décomposer les silicates des roches. Elle se charge de sels, prend des alcalis aux feldspaths, de la chaux aux calcaires, de la silice aux silicates divers. S'ilyamouvementde Tccoree et déplacement des magnas ignés, des apports de fumerolles internes peuvent s'y associer. Sous pression, en profondeur, son activité devient alors intense. Des réactions que la simple fusion sèche n'aurait pu produire se réalisent en présence de ces vapeurs surchauffées. Dans ces conditions, les terrains disloqués, émiettés, pénétrés d'alcalis, de chlorures, de borates, etc., etc., et ramenés à une demi-fluidité ontdû tendre à recristalliser et le résultat final a été un métamorphisme chimique très étendu, qui n'a de dynamique que son origine.

Quoiqu'il en soit, on constate, dans les régions plissées, comme les Alpes, un « métamorphisme régional », qui donne à des terrains basiques, tels que les schistes des Grisons, l'aspect des schistes primaires et qui, d'après des observations de M. Termier, paraît-avoir été accompagné souvent par un apport notable d'alcalis». M. Reusch a môme étudié, en Norvège, des cas, où la transformation en micaschistes agileux, micaschistes et schistes amphiboliques, avait eu lieu sur de vastes étendues de terrains horizontaux (qui, il estvrai, ont pu être, au voisinage des

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