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[)t LitsAY. — Science g^logique 23
régulières de dômes anticlinaux et de vallées synclinales, présentant une continuité absolue tant qu'ils se manifestaient et une rectilignité parfaite, tant que l'accident restait du même âge. La direction d'un accident parut caractéristique de l'époque à laquelle il s'était formé et, s'il s'agissait d'un filon métallifère, caractéristique aussi de son remplissage.
Tel était encore à peu près l'état de la science tectonique, vers 4870 à 1880 et les cartes des Alpes, très remarquables pour l'époque, qua dressées Lory, montrent la persistance d'idées analogues, bien que déjà un peu modifiées par le contact plus intime des faits. On y voit la division de la chaîne en grandes zones continues et la séparation ordinaires de ces zones par des lignes de failles ^
La tectonique moderne, qui n'a guère plus d'un tiers de siècle, s'est élevée peu à peu à des idées singulièrement plus compliquées et, attribuant aux plissements un rôle, qui, à son tour, est peut-être devenu trop exclusif, elle s'est attachée à faire de ces plissements une étude systématique, aujourd'hui très avancée.
Je ne puis entrer ici dans le détail de considérations, qui ont surtout un intérêt de métier et dont la complication extrême apparaîtra aussitôt, si l'on songe qu'il s'agit de traduire par des mots et de synthétiser par des lois, quelque chose d'analogue à l'effondrement du toit dans une carrière souterraine ou au froissement d'une pile de brochures minces écrasées sous le glissement de pesants in-folios ; je vais seulement en signaler les principes les plus généraux, que nous pourrons avoir à invoquer et ceux qui mettent le mieux en évidence les caractères et l'origine de ces déformations mécaniques, que l'on constate à peu près partout sur la Terre.
Les deux formes typiques et classiques, les aspects tout à fait élémentaires de ces déformations sont, comme je viens de le rappeler : d'un côté, les failles, où l'on croit voir l'indice d'une force verticale et, d'autre part, les plissements, où se dénote une force horizontale et tangentielle, dont nous chercherons, d'ailleurs, bientôt l'origine première dans la gravité. Plis et failles se rattachent les uns aux autres et
1. Dune façon générale on est surpris, quand on relit la plupart des travaux géologiques remontant à trente ou quarante ans, de voir la peine qu'on se donnait pour expliquer, par des conflits de directions reclilignes, des courbes aussi manifestes que celles des Alpes Occidentales, des Garpathes ou, en plus petit, du Harz et du Plateau Central. Il a fallu le talent de M. Soess pour faire admettre l'unité de chaînes sinueuses et, en 1888 encore, Marcel BEiuRANn se croyait obligé de discuter lidée de chaînes nécessairement rectiiignes, qui avait été regardée si longtemps comme un principe absolu. Néanmoins, il est juste de signaler quelques exceptions anciennes à cette remarque, surtout parmi les savants des États-Unis. H. I). et \V. B. RoGERs (1843), J. P. Lesley (1856), J. B. Dax.\ (I8t)3) avaient déjà insisté, à plusieurs reprises, sur l'allure curviligne des accidents tectoniques.