‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 174 sur 356 · CIIAP. XI. — MOUVEMENTS VERTICAUX. — FAILLES, HORSTS, ETC · texte numérisé non relu

CIIAP. XI. — MOUVEMENTS VERTICAUX. — FAILLES, HORSTS, ETC

passent les uns aux autres par des transitions. Cependant il paraît bien y avoir deux modes diflérents de mouvements terrestres, quelle qu'en soit la cause première et la relation : X" le déplacement relatif, dans le sens vertical, en haut ou en bas, de compartiments limités par des cassures ; déplacement, qui entraîne, à son tour, des cassures périphériques et radiales autour de dômes soulevés ou de cuvettes d'affaissement ; 2* le déplacement dans le sens horizontal, qui détermine des plissements, des charriages, des renversements, ou, par fracture de blocs plus solides et glissement relatif de ces voussoirs disjoints, des décrochements (blàtter). Dans le premier ordre d'idées, nous aurons à signaler, après avoir défini plus exactement les failles individuelles, le cas des horsts ou des dômes d'exhaussement et celui des cuvettes d'affaissement : chacun de ces deux déplacements, positif ou négatif, pouvant être accompagné d'un mouvement oscillatoire ; dans le second ordre d'idées, les plissements compliqués des chaînes montagneuses. Nous considérerons le premier genre d'accidents comme caractéristique des zones de l'écorce trop massives, trop solides et compactes pour avoir pu se plier; le second comme s'étant produit dans les zones, où les terrains stratifiés ont pu se comporter comme une masse flexible et élastique.

En principe, les cassures produites par des déplacements dans le sens vertical paraissent avoir joué un rôle essentiel en pétrographie et en métallogénie ; elles ont pu, en effet, s'ouvrir largement, quand le sens relatif du mouvement le comportait et donner ainsi passage à des épanchements volcaniques, à des roches éruptives ou à des eaux métallisantes. Au contraire, les cassures des déplacements horizontaux se sont faites, d'habitude, sous une force comprimante, qui a écrasé les terrains en contact et n'a pas permis le bâillement nécessaire pour ces déplacements de roches internes. Seuls, dans certains cas favorables, les « décrochements », qui sont de véritables failles et qui ont donné lieu souvent à un déplacement vertical en même temps qu'à un déplacement en plan horizontal, se sont trouvés métallisés.

J'ajoute enfin qu'il paraît bien y avoir corrélation entre les deux groupes de mouvements et que les plissements semblent être la conséquence de grands effondrements, tout en pouvant eux-mêmes déterminer des effondrements ou soulèvements secondaires.

A) Mouvements verticaux. Failles et systèmes de f.ailles. Horsts. Dômes de soclèvemext. Cuvettes d'affaissement. — Je viens de rappeler la conception élémentaire de la faille*. Son allure réelle, comme

1 . Voir plus haut pages 24 et 238 et figure 2, page 23. On a vu page 239 qu'il y avait

je l'ai dit déjà', en diffère singulièrement. Tout d'abord, une faille n'est pas un plan, mais une surface gauche, pouvant aller jusqu'à se fermer cylindriquement et dont les horizontales et les lignes de plus grande pente présentent également des sinuosités. Le rejet d'une faille peut changerdesenssursalongueur en passant par un point mort. Cette faille peut offrir toutes les inclinaisons, depuis la verticale jusqu'à l'horizontale ejL le mouvement des deux lèvres peut s'être produit dans les deux sens : soit, conformément à la gravité, par glissement naturel de la partie haute, que l'on appelle le toit, sur la partie basse que l'on appelle le mur; soit, en sens inverse, par une pression tangentielle faisant, comme un coin que l'on resserre à la base, remonter le toit (failles inverses, souvent forme limite de plissements étirés).

Une faille n'est pas un accident unique et isolé, mais fait partie d'un système. Une cassure, faille ou lilon,peut être remplacée, en direction ou en inclinaison, par une autre, qui n'en est pas exactement le prolongement, mais qui fait partie du môme faisceau, comme on le voit aisément en essayant d'étirer ou de tordre une substance plastique ou flexible. La faille peut se bifurquer et les deux branches peuvent se réunir. Des torsions de massifs solides ont déterminé, par endroits, des réseaux de cassures tout à fait compliqués, bien connus par les plans de certains districts fîloniens*. Enfin la faille n'est pas nécessairement distincte du pli, mais, souvent, se présente comme sa limite.

Des systèmes de failles inverses, ou de plis étirés successifs, peuvent donnera des terrains l'aspect, que présentent les tuiles d'une môme rangée dans un toit, chacune recouvrant un peu celle du dessus ; c'est l'équivalent par failles de ce que l'on a appelé la structure imbriquée, ordinairement réalisée par des plissements étirés : structure, où l'on peut voir l'indice d'une compression latérale tangentielle 3.

Le rôle des accidents verticaux, qui tiennent une grande place dans la théorie de M. Suess, a été très discuté par les tectoniciens spécialisés dans l'étude des Alpes et, de ce que les effondrements ne sont pas intervenus dans les zones plissées très caractéristiques, qui forment nos chaînes européennes, on a voulu conclure (beaucoup trop vite, à mon avis) que les effondrements étaient une hypothèse brutale à rayer de la science et leurs effets supposés à remplacer par ceux de plissements.

(les exemples nombreux de failles dépassant 2.000 mètres. D'après Leslev, il y en aurait môme une de 6.000 mètres dans le houiller de Virginie; mais c'est une faille inverse avec chevauchement.

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