CIIAP. XI. — HISTOIRE THÉORIQUE D'UN PLISSEMENT
vements antérieurs. Au contraire, dans les Alpes, MM. Termier, Hau^, Ritter, etc. ont constaté l'obliquité en question un peu partout ((Irandes Rousses,Belledonne, Beaufort, Aiguilles Rouges, Mont-Blanc). De mémo, les plis anciens du Plateau Central sont obliques sur ceux du Jura et ceu.x de la Meseta espagnole sur ceux de l'Andalousie, ou encore, dan?; les Asturies, les plissements anté-permiens sur les plis éocènes. Les plis de ce que nous appellerons bientôt les Faites primitifs ' sont constamment indépendants de ceux des chaînes postérieures. Les Carpathcs tertiaires débordent, à la fois, sur la chaîne hercynienne des Sudèles et sur le faîte primitif de la Plate-forme Russe. Partout, dans les grandes chaînes, soumises à des plissements successifs, la superposition approximative s'est faite entre des plis également sinueux, dont les sinuosités n'ont pas concordé, et l'aspect de la carte ci-jointe (PI. III, à lafin du volume) suffitàmontrercombienladisposition réelle des choses est plus compliquée que ne le voudrait cette loi trop simple.
Considérons, maintenant, d'une façon générale, la succession historique des phénomènes qui caractérisent un plissement, l'histoire théorique d'un plissement, avant d'en faire bientôt l'application particulière dans le cas des Alpes. Celte histoire est caractérisée, non moins par des modifications lithologiques que par des accidents stratigraphiques.
Au début, l'emplacement de la chaîne future paraît, d'après une observation de James Hall -, être souvent marqué par un sillon peu profond et relativement étroit, dans l'axe duquel se déposent tranquillement des sédiments vaseux, qui impliquent une profondeur de plusieurs centaines de mètres, tandis que, sur les bords, on a des formations littorales, parfois coraliigènes^. La grande épaisseur de dépôts identiques, qui s'accumulent avec continuité dans cette partie axiale (parfois plus de l.OOO mètres sans changement) laisse même supposer que ce « géosynclinal » a dû s'approfondir à peu près aussi vite qu'il tendait à se combler, ou du moins assez pour que le fond soit resté longtemps dans la même zone lithologique et zoologique. Les régions plissées sont, en effet, celles où l'on trouve les sédiments avec leur maximum d'épaisseur (13.000 mètres dans les Appalaches, 3.000 à 5.000 dans