CHAP. XI. — COORDINATION DES DÉFORMATIONS TERRESTRES
représentants les plus caractéristiques, tandis que, dans la même région, les mers à axe Nord-Sud, comme l'Océan Atlantique, la mer Egée, la mer Rouge, la mer des Indes, sont le résultat, généralement récent, d'effondrements verticaux.
Enfîn on remarquera que, dans notre interprétation des faits, la différence établie entre les diverses parties de l'écorce devient surtout une différence de structure physique, de compacité, de solidité : les sédiments, encore flexibles et plastiques, s'étant déformés par plissements, tandis que les roches cristallines, ou les sédiments recristallisés par injection métamorphisme, se déformaient par fractures et par effondrements. Comme la base des sédiments est nécessairement partout constituée de roches cristallisées, cette déformation par fractures devrait dominer dans la profondeur et l'on pourrait supposer que de semblables déplacements relatifs de voussoirs ont existé partout à la base des zones plissées, si l'on n'était en droit de faire intervenir une refusion, ou du moins un ramollissement, de ces parties cristallisées profondes, au-dessous des grandes accumulations de sédiments destinées à subir des plissements. On sait, en effet, et j'ai déjà rappelé plus hauts que l'apport de sédiments sur un fond a pour conséquence certaine de le réchauffer, d'y « relever les isogéothermes », puisque ce fond s'éloigne de plus en plus de la surface à température uniforme pour prendre part de plus en plus à la chaleur interne. Un voussoir de l'écorce, déprimé par un effondrement et ayant donc formé la base d'une cuvette, où s'accumulaient les débris empruntés aux saillies voisines, a pu ainsi se réchauffer peu à peu assez pour se ramollir et fléchir : d'où l'approfondissement de la cuvette; d'où la superposition de sédiments plus épais; d'où un réchauffement nouveau. Ainsi ce qui n'était au début qu'un compartiment effondré a pu se transformer en un bassin de plissement, rempli de terrains sédimentaires, susceptibles, sous un effort de compression nouveau, de prendre l'allure plissée, de saillir en chaîne montagneuse. On arrive par là à la conception de ce que nous avons appelé des « géosynclinaux », c'est-à-dire des zones faibles et affaissées de l'écorce, des dépressions remplies de sédiments particulièrement épais, jouant ensuite le rôle de membranes élastiques entre les pièces rigides des butoirs et prédestinées, dès lors, à manifester l'effort maximum des plissements. Ces zones géosynclinales, dans notre façon de concevoir les phénomènes, se seraient progressivement réduites en largeur; mais leur partie la mieux caractérisée aurait toujours été au pied des butoirs formant falaises