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et aurait ainsi préparé les chaînes de plissement montagneuses, qui les ont contournées. Ces notions vont se préciser par la description méthodfque des diverses zones, auxquelles je viens de faire allusion.
La Planche I, qui servira d'illustration à cette description, a pour but de synthétiser tout un faisceau d'observations géologiques, que rendent malheureusement incomplètes, soit les lacunes de nos explorations, soit l'impossibilité même de les entreprendre : sous les glaces polaires ^où se trouve le nœud de si nombreux problèmes), sous les sables désertiques ou sous les océans. Il ne faut donc y voir qu'un schéma théorique et provisoire.
J'y ai fait ressortir, en accusant par le système de projection géographique leur disposition en ondes concentriques autour du pôle Nord, trois principales zones tectoniques inégalement anciennes* :
!• Les grands faîtes primitifs, dont le rôle a été si capital comme butoirs solides de tous les mouvements ultérieurs : le massif canadien ; le Groenland; le massif Finno-scandinave; le massif Sibérien; les môles problématiques de la Chine Orientale ou du Pacifique; le môle Hindou; l'amorce des môles Africain et Brésilien.
2" Quelques tronçons mal reliés de la zone calédonienne, où se sont fait .sentir les plissements de la fin du silurien : tronçons qu'il y aura lieu d'étendre un jour aux dépens de certaines parties attribuées aux faîtes primitifs, où le silurien plissé n'a pas encore été reconnu.
3° La zone affectée par les plissements hercyniens carbonifères;
4° La zone affectée par les plissements tertiaires.
Pour l'observateur vulgaire, ces trois ou quatre différentes zones tectoniques se présentent dans des conditions singulièrement différentes : les premières, comme de vastes plaines ou des plateaux; la dernière, comme une série de hautes traînées montagneuses. D'un côté, les paysages tabulaires des régions boréales, de l'Afrique Centrale, etc.; de l'autre, les aspects plissés et déchiquetés, beaucoup plus accidentels en réalité, quoique notre petite Europe, où ils sont la règle, nous ait familiarisés avec eux. Mais, au-dessus des plateaux ou des plaines abrasées, le tectonicien reconstruit, par la pensée, les milliers de mètres que l'érosion a supprimés; il revoit un peu partout ces chaînes de plissement détruites jusqu'à la racine, telles quelles
1. J'ai indiqué, pour chaque zone de plissement, son mouvement le plus récent Plus les travaux se multiplieront, plus on sera amené à considérer de phases intermédiaires et déjà il m'a fallu parfois englober, dans les phases hercyniennes ou tertiaires, des plissements, soit post-permiens, soit post-jurassiques.