‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 190 sur 356 · CIIAP. XI. — MASSIFS PRIMITIFS · texte numérisé non relu

CIIAP. XI. — MASSIFS PRIMITIFS

pacte, sa difficile pénétration et son uniformité. Cependant il existe, dans cette masse, des régions plissées relativement anciennes, dont l'extension est peu à peu révélée par les progrès des explorations. Ce sont, d'abord, de très vastes zones calédoniennes où le dévonien supérieur passe horizontalement sur du silurien plissé, comme autour du môle sibérien : le Sahara, le Dharfour, etc., au Nord, et, à l'autre bout de l'Afrique, les régions à dévonien inférieur plissé de la colonie du Cap. D'autres plissements plus récents d'âge hercynien ont affecté le dévonien supérieur ou même la base du carbonifère : d'un côté, dans la Meseta marocaine et le Tibesti; de l'autre, vers le Zambèze.

Les deux Amériques sont constituées par deux massifs archéens à ceinture hercynienne qui, vers l'Ouest, ont refoulé contre le continent Pacifique la chaîne tertiaire des Montagnes Rocheuses et des Andes. Dans la « Méditerranée » intermédiaire du golfe du Mexique et de la mer des Caraïbes, des rameaux de cette chaîne tertiaire se sont insinués en serpentant, comme ils l'ont fait dans la Méditerranée européenne.

VOcéan Pacifique actuel représente, suivant toutes vraisemblances, un ensemble très complexe, qui se trouve masqué pour nous par une période de vaste transgression analogue à celles qui, en Eurasie, ont à peu près tout couvert dans la seconde partie du dévonien ou au début du supracrétacé. Seules, les chaînes plissées nous sont révélées par leurs sommets insulaires dans le Japon, les Indes Orientales, etc. ; mais les massifs tabulaires, dont le refoulement contre l'Asie ou contre les deux Amériques a produit ces plissements, nous sont dissimulés par les eaux.

Enfin, au Sud, le continent montagneux de V Antarctide, pour lequel il faut attendre des informations qui donneront la clef de bien des problèmes géologiques, offre peut-être quelque chose d'analogue à l'Amérique du Sud : d'un côté, une chaîne montagneuse plissée reliant les Andes à la Nouvelle-Zélande; de l'autre, un massif plus ancien dans les deux directions de l'Afrique du Sud et de l'Australie.

Sans insister sur ces données très générales, nous pouvons maintenant envisager, dans leur ordre de consolidation, quelques-unes des zones tectoniques qui viennent d'être signalées.

A. Massifs primitifs. — A l'origine, nous voyons, autour du pôle Nord, les quatre grands massifs précambriens disposés presque symétriquement, avec une allure en pétales de fleurs, qui a dû s'accentuer très notablement par les effondrements tertiaires à direction méridienne si caractérisée, mais dont quelques traits, à peu près Nord-

Sud, sont pourtant plus anciens que le tertiaire, comme les plis calédoniens entre l'Amérique et le Groenland, ou à l'Ouest de la Scandinavie, et le pli hercynien de l'Oural.

L'ensemble de ces massifs polaires affecte une certaine disposition d'ensemble, déjà signalée plus haut, en triangle sphérique, que les ondes concentriques hercynienne et tertiaire, venues postérieurement, accusent encore mieux.

D'un côté, une des bases est parallèle au littoral Pacitique, vers lequel les ondulations paraissent, de tous côtés et de tous temps, s'être propagées librement, soit en Asie, soit en Amérique, entraînant ce parallélisme des rides montagneuses et des côtes, qui est la caractéristique fondamentale du type Pacifique. Les deux autres côtés, plus compliqués, sont : l'un, parallèle à la longueur de l'Asie et perpendiculaire à l'Oural; le dernier, perpendiculaire à l'axe de l'Atlantique.

Les quatre tronçons qui constituent ce horst universel des régions arctiques sont séparés les uns des autres par des fosses d'effondrement (à axe méridien parfois plissé), ayant pu être déjà indiquées anciennement : celle à l'Ouest de la Norvège, au moins à l'époque silurienne; celle de l'Oural, à l'époque carbonifère; celle entre le Groenland et l'Amérique, peut-être également dès le silurien; les autres seulement à l'époque tertiaire. Ces quatre massifs de terrains archéens plissés et cristallisés offrent des plates-formes solides, qui ont pu être recouvertes par la mer, comme le sont encore certaines de leurs zones plus basses, mais qui n'ont plus subi de plissement depuis les périodes tout à fait primitives de l'histoire géologique : en sorte que les sédiments, déposés à une époque quelconque sur eux par les transgressions marines, y sont restés horizontaux et y ont subi, à l'état de tables horizontales, les érosions, par l'effet desquelles ils se sont démantelés et ont souvent disparu*. Celte disposition des terrains en strates horizontales est un Irait caractéristique de la plupart des paysages polaires, que nous retrouverons également sur les autres massifs primitifs ou calédoniens.

Le principal de ces massifs est le Bouclier Canadien, qui occupe la plus grande partie de la Puissance du Canada, autour de la cuvette en pente douce formée par la baie d'Hudson.

1. Par exemple, les terrains de la plus grande partie du Spitzberg présentent, depuis le dévonien, cette horizontalité si caractéristique. Mais, outre les plissements calédoniens qui y sont parfois visibles sous ce manteau, on observe môme, à l'Ouest de cette lie, quelques plis post-jurassiques. Vers le Sud, à llleaux Ours, on trouve, en discordance sur le silurien, divers termes du dévonien au trias marin avec transgressions séparatives.

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