CHAP. XI. — CHAINE HERCYNIENNE (FRANCE
ments qu'ils ont subis, on peut en suivre assez aisément les ondulations. Celles-ci sont marquées d'abord par les traînées de dinantien (11), où dominent les cinérites éruplives, représentant sans doute des dépôts de lacs peu profonds ; elles le sont aussi par les alignements de lacs plus récents, dans lesquels s'est déposé le stcphanicn charbonneux (13), plissé à son tour avant le permien par un mouvement hercynien posthume. On verra, plus lard, au chapitre de la paléo-géographie, comment ces dépressions paraissent s'être creusées, du Sud au Nord, par ondes successives. Les mouvements du Plateau Central, accompagnés d'éruptions volcaniques, se sont prolongés depuis le commencement du dinantien (1 1) jusqu'au trias (17).
Vers l'Ouest, le Massif Armoricain est la suite naturelle du Plateau Central, que prolongent ses plis et, à ce massif, il faut presque certainement raccorder le Cornwall, le Devon et le Sud-Est de l'Irlande : l'ouverture de la Manche Occidentale, qui a séparé cette province anglaise de la France, ne s'étant faite qu'après le crétacé.
En Bretagne, d'après M. Barrois, le ridemenJL principal (déjà esquissé à l'époque cambrienne) s'est produit au même moment que celui du Plateau Central, pendant le weslphalien. Il en est résulté une série de rides N.-W.-S.-E.,que l'on retrouve également dans le Cornwall et que vient couper transversalement, comme une cassure d'effondrement, devenue rivage au début du Bathonien (26), la limite Ouest ^u bassin de Paris, prolongée par celle du bassin de Londres.
Vers l'Est, les plis du Plateau Central se prolongent par ceux des Vosges et de la Forêt-Noire ; ceux du Massif Armoricain vont sans doute, à travers le bassin de Paris, rejoindre le Hundsrûck; ceux du Cornwall paraissent aboutir à l'Ardenne, à l'Eifel et au Sauerland.
La limite Nord de ces plis hercyniens est marquée par un long géosynclinal qui, du Pays de Galles à la Russie, est suivi par une très importante traînée de dépôts charbonneux d'âge weslphalien (12).
Tout le Massif dévonien Rhénan est disposé en plis renversés vers le Nord et fmissant par recouvrir, au Nord, une partie de ce sillon houiller*. A la traversée du Rhin, ces plis, dirigés N.-E., subissent, dans le Nord, un décrochement vers le Nord suivant le sens de la vallée et vont se raccorder avec ceux de la Westphalie. Plus au Sud, le Rhin représente une vallée d'écroulement tertiaire, qui paraît avoir amené une dénivellation de 2.500 mètres. Après quoi, les plissements hercy-
1. Ces mouveraenls de la région rhénane sont de la fin du carbonifère et leurs plis ontélé là recouverts par 1.200 a 1 .500 mètres de dépôts horizontaux, aliantdu permien (14) au jurassique supérieur (27). On connaît, dans le Plateau Central, des renversements analogues.
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niens reprennent, de la Westphalie au Nord jusqu'au Jura allemand au Sud, toujours avec la même direction N.-E., qu'ils gardent depuis le Morvan ou le bassin de Saint-Étienne, mais pour disparaître bientôt sous un manteau de terrains plus récents.
Il se produit là une interruption correspondant au grand champ d'effondrement tertiaire de la Franconie et de la Souabe, qui paraît s'être affaissé vers son centre et, plus au Nord également, à la traversée de la Hesse; puis on retroitve les pli9sements hercyniens dans le Harz etle Thiiringerwald.
Les plis du Ilarz ont toujours la même direction N.-E. et sont souvent renversés au Nord-Ouest contre le granité du Brocken ; mais ils ont, en outre, subi, sous une action de torsion prolongée jusqu'au tertiaire S des cassures en étoilcment, qui, métallisées, ont formé les faisceaux de filons de Saint-Andreasberg, Clausthal, etc. Les plus anciens de ces filons ont pu contribuer, par leur destruction, à fournir les couches cuprifères permiennes du Mansfeld, qui bordent le Harz au Sud-Est.
Au Sud du Harz, le ThiXringerwald et le Frankenwald présentent, nettement, la même direction de plis hercyniens N.-E., quoiqu'ils aient été, comme lui, découpés par des fractures transversales d'âge tertiaire en un massif perpendiculaire à cette direction. Une grande faille d'effondrement tertiaire longe le bord Sud-Ouest de ces massifs, des environs d'Eisenach à Meiningen et Ratisbonne S où elle rejoint une seconde faille, dirigée suivant les bords du Danube. Une autre limite les mêmes horsts au Nord, du côté de Gotha.
Puis vient le massif hercynien de la Saxe et de la Bohême, au Nord duquel les plis ont éprouvé une torsion de la direction N.-E. à la direction N.-W. : torsion analogue à celle du Plateau Central, mais en sens inverse et accompagnée de môme, sur sa convexité, par l'ouverture de très nombreux champs de filons métallifères (Freiberg, Annaberg, Joachimsthal, etc.) Tout ce massif de Bohème et de Saxe a, comme les massiis précédents, subi, au moins dans sa partie Nord etNord-Est, un grand plissement, suivi de dénudation,au milieu du carbonifère, avant le stéphanien (13) ' ; puis, en général, le stéphanien s'est plissé à son tour et une seconde dénudation a eu lieu avant le rothliogende (lo), qui a
1. Là, comme en beaucoup de points des horsts hercyniens, des dislocations tertiaires se sont superposées aux mouvements carbonifères (Voir Gites métallifères, LUI. p.dOô àH2).
i. Klle est suivie par du rothiiegende (15) redressé, qui se retrouve aussi sur l'autre bord, du côté de l'Odenwald.
3. Peut-être y subsiste-t-ii, dans le Sud, un noyau primitif, non replissé par les mouvements hercyniens (Voir Franz Suess, 1903, Bau und Bild der bôhmischen Masse).