CHAP. XI. — CHAINE HERCYNIENNE (ASIE, AFRIQUE
connue; ils disparaissent progressivement sous les terrains plats de la Sibérie occidentale*. Au Sud, ils se raccordent en s'incurvant avec les plis de la steppe Kirghise et de l'Altaï-.
Plus loin, en Asie, nous connaissons une vaste zone de plissements carbonifères dans l'Altaï Russe, le Saîan, le Kinghan, et ces massifs hercyniens rappellent trait pour trait, par leur métallogénie comme par leur tectonique, ceux que nous venons de mentionner en Europe^.
En se rapprochant de la côte pacifique, ce système de plissements, si rectiligne dans la région étranglée entre le massif sibérien et l'IIindoustan, semble s'épanouir en gerbe en rencontrant un certain nombre de môles primitifs, allongés parallèlement à cette côte, du golfe de Petchili au Cambodge. Un premier faisceau se coude à angle droit contre le môle Sinien, précédé par la Plate-forme déprimée de l'Ordos et tourne au Nord vers le Khin-gan. Un autre, qui prolonge le Kouen-lun par les monts Marco rolo et le Tsing-ling-chan, se poursuit, avec une rectilignité remarquable, du Pamir au Houan. Le faisceau du Thibet, du Sétchouan et du Yunnan, qui comprend également du carbonifère inférieur et du silurien plissés, se coude, au contraire, vers le Sud entre le Yang-tsékiang, le Mékong, le Salouen et l'Iraouaddy, pour aller rejoindre le Tonkin, l'Annam, le Siam et la Birmanie.
C'est contre ce coude à angle droit que l'Himalaya, s'est, à son tour, moulé pour passer de la direction Himalayenne à celle de l'arc Birman.
Dans tout le rameau des Altaïdes, qui passe par la presqu'île de Malacca, les petites îles de Banka et Billiton, Java, etc., on retrouve un caractère très normal de la chaîne hercynienne, sur lequel nous aurons à insister au chapitre de la métallogénie, la présence des gîtes stannifères ; puis la chaîne hercynienne disparaît, peut-être pour se couder vers le Nord et reparaître dans le Nord de Bornéo, à ^intérieu^ de la courbe si nette dessinée par les plis tertiaires.
Si nous passons à l'hémisphère austral, en Afrique du Sud, on trouve parfois le dévonien plissé recouvert en discordance par le Karoo lacustre, qui commence au carbonifère (11). Au Sud-Est du môle primitif hindou, la chaîne des Ghates paraît représenter un tronçon de chaîne calédonienne ou hercynienne. En Australie Orientale, une longue cordillère plissée, de direction Nord-Sud, suit toute la côte Est, de la Tasmanie au détroit de Torrès. Le dévonien très plissé (10) y est recouvert par du carbonifère marin très horizontal (là); après quoi on constate, jusqu'au crétacé (32),
4. A l'Ouest, la chaîne du Timan, également hercynienne, est d'ùge permiea.
2. Voir [Asie, p. ii4) un schéma représentant ce raccordement.
3. Asie, pages iiO à 2ii : les chaînes hercyniennes de l'Asie Russe.
une lacune correspondante à celle de l'Afrique australe et de l'Inde, avec sédiments'lacuslres ou glaciaires. Ce mouvement hercynien est accompagné de granités stannifères dévoniens dans le Queensland et le New-South Wales et, probablement, de fdons aurifères, en relation avec des roches éruptives paléozoïques, que le carbonifère a parfois recouverts en discordance.
Ce ne sont là que des tronçons épars, aujourd'hui séparés par les immenses étendues de mer, qui occupent la plus grande partie du monde austral ». C'en est assez cependant pour montrer que, comme dans l'hémisphère boréal, des plissements ont dû s'élever, sur la région occupée par ces mers, entre un môle primitif antarctique, dont les explorations polaires retrouveront peut-être la trace et les môles de la zone équatoriale, qui formaient, d'autre part, l'Arrière-pays de nos plis européens.
Quand nous aborderons la paléo-géographie, nous verrons que, par cette voie également, on est amené à supposer, jusqu'à une époque relativement récente, l'existence de grandes masses continentales, ayant relié, par une chaîne plus ou moins continue, le Brésil à l'Afrique, à l'Inde et à l'Australie.
A l'Ouest du Brésil, dans l'axe de la chaîne des Andes, les caractères sont analogues : sous les derniers plis tertiaires, une chaîne hercynienne a dû exister, entre le môle brésilien et un Avant-Pays disparu, qui aurait occupé le Pacifique.
Enfin, il nous reste à chercher les plissements hercyniens en A mérique du Nord; là aussi, on les voit contourner le Bouclier Canadien jouant le rôle de faîte primitif ; ils se courbent entre celui-ci au Nord et le môle brésilien au Sud, dans la zone, qui, devenue plus étroite avec le temps, a provoqué l'incurvation tertiaire des Antilles, si analogue à celle des Carpathes.
A l'Est du Bouclier Canadien, les plissements carbonifères sont on ne peut mieux caractérisés dans les Appalaches, où ils ont succédé aux plis calédoniens des Montagnes Vertes et même à une première chaîne cambrienne.
On les retrouve là, comme Marcel Bertrand l'a fait depuis longtemps remarquer, avec les mêmes caractères qu'en Europe. Tous les terrains primaires, jusqu'au houiller et même jusqu'au permien, y sont plissés avec une régularité, qui rappelle les plis tertiaires du Jura. «Les plis s'abaissent progressivement à l'Ouest et ne se présentent plus que sous forme de molles ondulations en arrivant à la grande
1. Les effondrements sont très marqués à l'Est de TAfrique, de l'Inde et de TAustralie.