CIIAP. XI. - CHAINE ALP-HIMALAYENNE (BALKANS, CAUCASE
pression s'est faite ici, en effet, par suile de la torsion générale en î2 , de l'exlérieur vers l'intérieur de la courbe.
Celle chaîne des Balkans témoigne, comme les chaînes européennes, d'une poussée vers le Nord' et, comme elles également, elle présente, de ce côté Nord, une zone à faciès de flysch, qui ici embrasse le crétacé et l'éocène. Plus au Sud, elle s'est superposée à des plis hercyniens, qui apparaissent dans l'allure d'une longue traînée carbonifère. Enfin, au Sud, elle est limitée, depuis Pirot et Sophia jusqu'à la mer Noire, par un grand accident de 4o0 kilomètres de long, que jalonnent des traînées de roches éruplives avec des sources thermales ; puis vient la traînée du mont Vitosch près Sophia, et l'on arrive, plus au Sud, au faile primitif du Rhodope, qui a dû jouer le rôle d'Arrière-Pays.
Les plissements de Crimée et, plus loin, ceux du Caucase, prolongent les Balkans à travers la Mer Noire avec une inflexion motivée par les horsls de la Podolie et de la Dobroudja Roumaine. Les terrains de Crimée ont subi une poussée de même sens que les Balkans, vers le Nord. Au contraire, dans le Caucase, le déversement vers le Sud domine, comme il le fait ensuite dans les chaînes asiatiques-.
Le Caucase, sur l'emplacement duquel a dû exister un ancien pli hercynien, formait déjà, à l'époque jurassique, une barrière entre deux bassins de dépôt très différents. Cette saillie orographique parait avoir été le résultat d'un plissement postérieur au lias (24) et l'on avait cru autrefois remarquer qu'il y aurait eu là deux plissements successifs en sens inverse : d'abord vers le Sud, puis après le sarmalien (52) vers le Nord'. Une hypothèse aussi compliquée, que l'on a proposée également dans le cas d'autres chaînes, semble devoir être abandonnée pour une explication plus conforme à ce qu'on observe dans l'ensemble des chaînes Alpines. Le maximum de l'éruptivité, que nous sommes habitués à trouver du côté de l'Arrière-Pays, est ici du côté Sud.
1. La coupe entière du Balkaii central monire, daprès mes observations, un renversement complet des terrains, qui ont un plongement général vers le Sud. de telle sorte qu'en traversant la chaîne du Nord au Sud on trouve des terrains de plus en plus anciens, en même temps qu'on semble remonter l'ordre straligraphique. J'ai pu constater que les mêmes condi:ions de dépôts lacustres ou lagunaires à accumulations végétales s'y étaient remarquablement reproduites au moins quatre fois, pendant le carbonifère, le sénonien charbonneux, le flysch supracrétacé ou éocène et l'oligocène (à lignite), entraînant des faciès analogues et prouvant, dans ce cas particulier, la constance des dépressions synclinales, précédemment signalée. Voir un croquis tectonique des Balkans par Cvijic (Congr. géol. de Vienne, l'J03).
2. La chaîne cimmérienne, au Sud de la Crimée, avec ses plis antérieurs au néocomien, semble représenter le flanc Nord, le premier plissé de cette chaîne.
3. Le sarmatien s'est trouvé ainsi porté à 2.330 mètres d'altitude au Schach Daph. Voir, sur le Caucase : Asie, p. 2.16 à 204 et cartes pages 583 eto85.
Di Laisat. — Science géologique. 28
Nous arrivons ainsi à l'Asie, à travers laquelle on peut suivre le même systènie de plis vers le Tien-chan et l'Himalaya, comme il a déjà été dit plus haut * ; mais, avant de quitter l'Europe, il faut revenir sur un arc divergent des Alpes (ou plutôt des Diiiarides), que nous avons dû laisser de côté jusqu'ici : celui qui, par les Apennins et la Sicile, va rejoindre l'Atlas et, de là, la Cordillère Bétique et les Maures, décrivant ainsi, autour de la Méditerranée Occidentale, une boucle fermée, remarquablement dessinée comme cercle d'effondrement par une traînée éruptive tertiaire, sur laquelle se trouvent encore quelques volcans en activité, Vésuve, Lipari, Etna, Pantellaria.
La chaîne des Apennins s'est plissée en deux fois : à la fin de l'éocène (46) avec les Pyrénées ; à la fin du miocène (52), après les Alpes, par une compression, qui a dû se produire entre un massif ensuite effondré sous l'Adriatique et un autre massif, aujourd'hui morcelé, dont la Corse, la Sardaigne et la Calabre sont les débris, avec l'île d'Elbe et la chaîne métallifère Toscane -. Son bord extérieur est le bord Adriatique, où se présente la bordure de flysch, que nous venons de trouver, dans la môme position, le long des Alpes, des Carpathes, des Balkans et des Alpes Dinariques et où les plis se sont développés en se renversant par-dessus les champs d'affaissement de la Lombardie et de l'Adriatique. De ce côté, par un phénomène très fréquent que nous avonsdéjà rencontré pourleJura, la chaîne plissée devaitse transformer en une zone tabulaire, un plateau superposé à un Avant-Pays, dont l'effondrement de l'Adriatique n'a laissé subsister que quelques tronçons épars (à Ancône, au Mont Gargano, etc.); son bord intérieur, du côté Ouest, vers la mer Tyrrhénienne, est jalonné par des fractures limitant un effondrement, sur le bord duquel se sont produits, par une loi dont nous verrons ailleurs la généralité, de nombreux épanchements volcaniques.
L'Apennin, outre ses sinuosités de détail en Italie, est encore, dans son ensemble, une chaîne courbe, qui, raccordée aux Alpes ou aux Dinarides du Bergamasque, dessine un S analogue à celui des Carpathes et des Balkans, mais inverse. Il faut, en effet, en chercher le prolongement en Sicile et en Tunisie. A la pointe extrême de l'Italie, vers le détroit de Messine, apparaît le massif archéen de l'Aspromonte, qui se prolonge, au Nord de la Sicile, jusqu'à Taormina, par un massif archéen