‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 206 sur 356 · Voir, pages 418 et · texte numérisé non relu

Voir, pages 418 et

2. Daus la clialne métallifère Toscane, l'Ile d'Elbe et la Corse, le rhétien repose en transgression sur des terrains antésiiuriens, accusant un premier mouvement hercynien, suivi d'un autre mouvement éocène. Les afileurenicnts du pemiien (à l'étal de micaschistesj et du carbonifàru sont 1res réduits en Toscane.

CIIAP. XI. — CHAINE ALP-HIMALaYENNE {APENNINS, ATLAS) 435

analogue, puis, sur la côte Nord, jusqu'à Trapani, par du trias à soubassement carbonifère. Ce massif est bordé, vers le Sud, du côtédel'Elna, par une zone de flysch, qui se retrouve en Tunisie dans le promontoire de Dakhela, entre Tunis et le golfe de Hammamet, tandis que la zone archéenne, un moment effondrée, reparaît, un peu plus au Nord, sur la côte algérienne, vers Bône, pour se prolonger peut-être, sous la Méditerranée, jusqu'au détroit de Gibraltar et passer de là en Espagne'.

La continuité tectonique de cette courbe me paraît être accusée par la ceinture intérieure de roches éruptives récentes, à laquelle j'ai déjà fait allusion. Au Sud de celle-ci vient la zone archéenne et, plus au Sud encore, la véritable chaîne alpine ou dinarique de l'Atlas.

Le massif de V Allas paraît avoir été plissé en plusieurs fois : 1° avant réocène(Uj ; 2° entre le burdigalien (49) et Ihelvétien (50); 3" avec moins d'intensité, après 1 helvétien. Le mouvement, qui continue la courbe de l'Apennin, donne ici une chaîne, dont le bbrd externe est du côté Sud et s'étend, par là, vers l'ancien plateau tabulaire du Sahara, tandis que le bord interne effondré est le bord Méditerranéen. Cependant on constate, vers le Nord, des plis renversés par-dessus le bord affaissé, dans le sens de la Méditerranée, comme j'en ai déjà signalé au Nord de l'Adriatique. Cela concorde avec lidée que les plissements montagneux présentent, bien plus souvent qu'on ne le croyait autrefois, un déversement de leurs plis à la fois sur les deux versants.

L'Atlas aurait été ainsi écrasé entre l'ancien continent tyrrhénien disparu sous la Méditerranée et le massif africain.

Nous pouvons maintenant abandonner les régions européennes pour voir rapidement comment se prolongent, à travers VAsie, les mouvements contemporains des plissements alpins^.

A partir du Caucase, j'ai déjà fait remarquer que le sens principal des mouvements paraissait transformé : ces mouvements, dans toute l'Asie, étant, en principe, dirigés vers le Sud, tandis qu'en Europe ils ont été dirigés vers le Nord et j'ai également fait remarquer le caractère très relatif de cette observation, puisque le mouvement est, en réalité, attribuable à la compression de deux voussoirs et que le sens apparent de ce mouvement doit seulement correspondre à la différence, variable suivant les points, de leurs deux vitesses.

Il n'en est pas moins vrai que, dans une grande partie de l'Asie, l'écartement des faites primitifs, entre lesquels s'est fait le plissement et la prédominance du massif septentrional, beaucoup plus voisin des

1. Voir E. FiCHBCR. Le massif ancien du littoral de la Berbérie (Assoc. franc. 1901, Congrès d'.\jaccio, i* partie, p. 345.) i. Planche II, page 403.

régions considérées, ont permis au mouvement de prendre une régularité et une ampleur, à laquelle nous ne sommes pas habitués en Europe, où le défaut d'espace a introduit, au contraire, une complication extrême *.

On a vu, plus haut, comment ces plis asiatiques avaient semblé se propager, à partirdu faîte sibérien, dans la direction du Sud et de l'Est: d'une part, jusqu'au môle primitif de l'Inde, d'autre part, jusqu'au littoral pacifique, en se déviant, à leurs extrémités, le long de quelques môles, comme dans la Chine Orientale, le Cambodge, etc.

Vers le Sud, en arrivant à l'Avant-Pays de l'Inde, les plis se sont dressés à des hauteurs anormales pour constituer l'Himalaya, avec tendance à se renverser au-dessus de cet Avant-Pays, et formation, à leur pied, d'une zone affaissée, où se trouve la vallée du Gange.

L'histoire de l'Himalaya paraît, dans son ensemble sinon dans ses détails, présenter quelque rapport avec celle des Alpes. Un premier mouvement hercynien y est peut-être indiqué par la transgression du permien (14) sur le carbonifère (11)'; puis les dépôts marins se sont superposés en concordance du permien (14) au crétacé supérieur (40) ; un second grand mouvement, contemporain de celui des Pyrénées et de la Provence, s'est produit avant l'éocène (41) et le mouvement principal, en môme temps que celui des Alpes, à la fin de l'oligocène (48), ou au début du miocène (49, 50), a amené les dépôts du miocène supérieur ou du pliocène à se déposer en discordance sur l'éocène plissé. Le plissement a, d'ailleurs, continué pendant tout le tertiaire ; car les dépôts ponliens (53) ou pliocènes (54) des Siwalik en ont été eux aussi affectés.

La poussée, dirigée du Nord au Sud contre le massif indien, que l'on croirait séparé du massif himalayen par une longue fracture*, s'est traduite par des renversements, des charriages, des « klippen » analogues à ceux des Alpes. On retrouve, au pied Sud de l'Himalaya, comme au pied Nord des Alpes, des chaînes sub-himalayennes analogues aux chaînes subalpines, présentant ce même caractère que les terrains

1. Sur 22 degrés, de l'Indus à la Birmanie, l'Himalaya présente, dans l'ensemble, la même direction de refoulement. Plus haut, à la hauteur du Kouenlun et du Tsingling-chan, on peut dire que l'Asie tout entière est traversée par un même arc, qui. du Caucase ou môme des Balkans à la mer de Chine, sur un quart de parallèle, n'apparaît guère troublé que dans la région un peu confuse du Pamir.

2. Cette discordance, qu'on a souvent signalée, parait peu marquée sur les coupes de M. Griesbach (Mem. geol. Surv. India (1891) XXHI). Voir Asie, p. 309 et pi. VII.

3. D'après M. Oldham (Geol. mag. (3), VIII; p. 8, 70), l'accentuation progressive de cette faille pendant le pliocène aurait, en amenant la dégradation de la lèvre soulevée, contribué à la puissance des dépôts des Siwalik.

Page 1