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CHAP. Xll. — KVOLUTION DE LA STRUCTURE TERRESTRE 453
ordre profond, une stabilité générale, une loi d'ensemble au milieu de ce désordre apparent.
Celte permanence de quelques grands traits généraux, nous l'avons déjà rencontrée en étudiant les résultats de la tectonique et c'est à la tectonique, en effet, qu'il faut s'adresser, bien plus qu'à la paléo-géographie, pour la reconnaître. Car la première science nous apprend la répartition des masses anciennement solidifiées et des régions instables récemment plissées, qui est un phénomène capital, tandis que la seconde ne nous renseigne que sur la répartition, beaucoup moins intéressante, des continents et des mers. Or, cette dernière répartition, à laquelle Ihabitude de consulter des cartes géographiques, où les mers présentent une teinte uniforme, nous fait attacher une importance très exagérée, n'en a, en réalité, qu'une très faible en ce qui concerne la structure terrestre. Le contour des continents n'est dans le relief qu'une ligne de niveau à peu près quelconque, qui se distingue seulement en géologie par les phénomènes de sédimentation déterminés aux abords des rivages ; quelques dizaines, quelques centaines de mètres en plus ou en moins pour la surface de la mer en changeraient notablement l'aspect sur nos cartes. Il est, par exemple, telles plates-formes marines, recouvertes d'une mince nappe d'eau, qui sont le prolongement direct des continents marins, tels continents si peu élevés au-dessus de la mer qu'un faible relèvement des eaux suffirait à les submerger tout entiers. L'abrasion, qui détruit vite les traces d'une saillie montagneuse et la réduit à une pénéplaine susceptible d'être bientôt submergée, fait ainsi disparaître, sur les cartes paléo-géographiques, un trait structural d'une importance essentielle, que retrouve seule la tectonique.
Je rappellerai, à ce propos, le cas des faîtes primitifs, qui représentent, dans la constitution du globe, un élément essentiel et permanent, sur le rôle duquel j'ai longuement insisté ailleurs* et qui ont pu néanmoins être, tantôt submergés, tantôt émergés, recevoir, pendant longtemps, des accumulations de sédiments horizontaux, puis revenir au jour par un faible déplacement relatif, de telle sorte que les contours des mers anciennes, tantôt les laissant de côté, tantôt empiétant sur eux ou les englobant, entraînent ainsi, dans la forme des cartes, de très notables modifications apparentes, sans grande importance générale pour l'évolution structurale de la planète. On doit donc, dans ce qui va suivre, avoir présentes à l'esprit les cartes de distribution tectonique, au moins autant que les cartes paléo-géographiques proprement dites.
En tenant compte de cette remarque, on semble bien apercevoir un