‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 214 sur 356 · Page · texte numérisé non relu

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premier fait, qui serait de la plus haute valeur si l'on pouvait le démontrer plus précisément : c'est la permanence approximative de la direction axiale, se traduisant par une certaine symétrie autour de cet axe terrestre, qui aurait pu, d'ailleurs, décrire au cours de l'histoire géologique, un cône de quelques degrés, mais non, comme on a parfois voulu le supposer, passer tour à tour du pôle à l'équateur.

Ce n'est pas, malheureusement, dans les différences de climats que nous pouvons chercher une confirmation de celte observation encore hypothétique ; car, ainsi que nous le verrons tout à l'heure, l'uniformité des températures marines a pu être généralement admise à toutes les latitudes jusqu'à l'époque carbonifère. Et, d'autre part, nos cartes des premières périodes géologiques sont, pour une foule de raisons déjà indiquées, très peu précises K Néanmoins, la distribution tout à tait primitive des continents et des mers semble, autant qu'on en peut juger, avoir été à peu près telle que nous la concevrions produite par la scorification superficielle d'une sphère fluide tournant autour de son axe de rotation actuel. Il paraît, en effet, logique, dans une telle hypothèse que, sur cette surface sphérique, divers anneaux, animés de vitesses tangentielles différentes, se soient individualisés, et qu'un premier relief ait été ainsi produit par des bourrelets et des creux dessinant à peu près des parallèles. Les premiers continents, dans notre idée, auraient dû être allongés dans le sens Est-Ouest, tandis que des effondrements récents leuront donnéaujourd'hui des alignements Nord-Sud si caractéristiques.

Or, dès le début (PI. IV, p. 487), il semble que nous apercevions vaguement quelque chose de semblable. Et, sans doute, si nous traçons alors un si vaste continent brésilo-africain, c'est beaucoup parce qu'en Afrique et en Amérique du Sud, les sédiments cambriens, difficiles à reconnaître, sont resté inaperçus^. De même, il y aura certainement un jour de grandes réductions à opérer sur notre continent de l'Asie Russe. Mais le continent paléarctique Nord-Américain se trouve démontré par la façon dont les sous-étages successifs du cambrien l'envahissent peu à peu ' sur son flanc Sud et l'examen des launes rend également bien vraisemblable la présence d'une mer

1. Elles nous instruisent, pourtant sur les traits primitifs de la planète.

2. En Amérique du Sud, le cambrien n'a encore été reconnu qu'en deux points des Cordillères. En Afrique, on n'en signale qu'un affleurement à Spirocyalhus très discutablesdans l'Afrique Sud-Occidentale Allemande. Les régions extra-européennes où le cambrien parait largement représenté sont ; d'un côté, des zones géosynclinales à dépôts plissés de l'Amérique du Nord ou de la Chine; de l'autre côté, des seuils continentaux recouverts transgressivement, tels que le massif Sibérien. Il ne faut pas oublier que ces seuils continentaux représentent, pour la mer, des conquêtes précaires, où sa profondeur reste faible, tandis que les conditions sont différentes dans les dépressions dues aux plissements ou aux vastes effondrements.

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