‹ La science géologique: ses méthodes, ses résultats, ses problemes, son histoire. 2. éd., rev. et augm. d'un index alphabétiqueChapitre 216 sur 356 · CHAP. XII. — ÉVOLUTION DE LA STRUCTURE TERRESTRF · texte numérisé non relu

CHAP. XII. — ÉVOLUTION DE LA STRUCTURE TERRESTRF

ligne de rupture volcanique récente ; en pondant, de l'autre côté du Pacilique, le dessin d'ensemble de la côte Sibérienne paraît également être fort ancien et, sauf quelques exceptions possibles, s'être, en général, perpétué. En outre, les chaînes de plissement tertiaires encerclent le Pacifique de la manière la plus nette, tandis qu elles se dirigent transversalement à l'Atlantique S et cette disposition si frappante suffit à prouver que la couronne circulaire du Pacifique a dû constituer une ligne de démarcation structurale, le long de laquelle ces rides si accentuées et ces dislocations marquent une zone d'affaiblissement très ancienne du globe.

11 ne faut pas oublier toutefois, je l'ai déjà remarqué, que le fond du Pacifique lui-même nous est inconnu, sauf quelques produits volcaniques ramenés par les sondages, qui ne nous apprennent rien sur sa structure ancienne. 11 est, d'autre part, bien difficile, à de telles distances, de vouloir tenter des raccordements à travers l'Océan, comme on le fait pour un bras de mer étroit tel que la Manche ou le détroit de Gibraltar, ou même, à la rigueur, pour l'Atlantique ; et l'on peut, par suite, se demander si certains mouvements marins des époques anciennes, constatés dans nos zones continentales actuelles et sans contre-partie reconnue jusqu'ici, n'aïu-aient pas trouvé précisément cette contre-partie dans ces vastes régions, sur l'histoire desquelles nous ne savons encore à peu près rien. Nous avons déjà fait observer qu'il y avait là probablement un cas de transgressionactuelle recouvrant des zones tectoniques très diverses. Ce n'est donc pas, comme on l'a fait quelquefois, à l'Océan Pacifique lui-même que nous attribuons ici une permanence très douteuse, c'est uniquement au dessin de sa périphérie.

Non seulement on a admis l'origine ancienne de l'Océan Pacifique en tant qu'océan; mais on a quelquefois été plus loin et on a soutenu souvent que la répartition générale des mers et des continents avait été fixée, dès l'origine, sur toute la Terre. A l'appui de cette idée, on a invoqué, notamment, la terminaison ordinaire des continents en pointe vers le Sud, et la brusque limitation de ces côtes méridionales, qui exclut l'hypothèse d'une simple accumulation d'eau vers le pôle austral ; en outre, les énormes profondeurs de certaines mers, contrastant avec le caractère de « plateau », qui est, en résumé, celui de tous les continents. On n'aurait eu alors, dans l'histoire géologique, sur nos zones continentales et les hauts fonds marins qui se rattachent à elle, que des déplacements marins de peu d'importance et momentanés. Toutes

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